Maroc : au cœur du jeu politique, le PAM de Fouad Ali El Himma éclaboussé par l’affaire du « Pablo Escobar du Sahara »

Les lourdes condamnations prononcées jeudi 25 juin dans une vaste affaire de trafic international de stupéfiants et de corruption touchent plusieurs figures du Parti Authenticité et Modernité (PAM), formation politique fondée par Fouad Ali El Himma, proche conseiller du roi Mohammed VI.

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Fouad Ali El Himma, proche conseiller du roi Mohammed VI , est le fondateur du PAM (dr)

Au total, 29 personnes ont été condamnées par un tribunal de Casablanca dans ce dossier tentaculaire, qui porte sur un réseau présumé de trafic de résine de cannabis et de blanchiment d’argent, avec des ramifications vers l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.


Des figures du PAM lourdement condamnées


Parmi les principaux condamnés figurent deux anciens responsables politiques issus du PAM : Abdende Bioui, ancien président du conseil régional de l’Oriental, condamné à 12 ans de prison ferme, et Saïd Naciri, ancien député et ex-président du club de football Wydad de Casablanca, condamné à 10 ans de prison. Un troisième ancien parlementaire, Belkacem Mir, a également écopé de 10 ans de prison dans ce dossier.


Le tribunal a également ordonné des confiscations de biens et de lourdes amendes financières, dans une affaire qui s’est déroulée sur plus de deux ans d’audiences et impliquant une trentaine de prévenus.
Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), auquel appartiennent les principaux condamnés, est une formation créée en 2008 et rapidement devenue l’un des partis majeurs du paysage politique marocain.


Fondé autour de Fouad Ali El Himma, figure influente et proche du palais royal, le PAM est régulièrement décrit dans la presse internationale comme une formation de centre à centre-droit, structurante dans plusieurs coalitions gouvernementales successives et fortement implantée dans les élites locales et économiques.


Une affaire déclenchée par un narcotrafiquant incarcéré


Le dossier a été déclenché par les déclarations d’Ahmed Ben Brahim, narcotrafiquant malien déjà condamné au Maroc, surnommé le « Pablo Escobar du Sahara ».
Depuis sa détention, il a accusé plusieurs responsables politiques et économiques d’avoir participé à un réseau international de trafic de cannabis et de s’être approprié des biens issus de ses activités, selon les éléments rapportés par la presse internationale.


Les avocats de la défense ont contesté ces accusations, affirmant qu’elles reposent principalement sur le témoignage d’un détenu et qu’aucune preuve matérielle décisive n’a été présentée au procès. Le principal accusateur n’a pas comparu devant le tribunal.


Plusieurs médias internationaux soulignent que ce procès intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour des questions de corruption politique au Maroc, à l’approche de nouvelles échéances électorales. Le jugement a également ravivé le débat sur les liens entre élites politiques, réseaux économiques et criminalité organisée, dans un pays où la production de résine de cannabis reste un enjeu structurel, selon les Nations unies.
Les condamnés ont annoncé leur intention de faire appel, selon les médias ayant couvert le procès, ouvrant une nouvelle phase judiciaire dans une affaire désormais hautement politique autant que pénale.

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