L’Algérie va porter le débit du gazoduc Medgaz de 28 à 32 millions de mètres cubes par jour vers l’Espagne, selon des informations publiées par le média espagnol The Objective, qui cite des sources diplomatiques algériennes et espagnoles. Cette hausse de 12,5 % rapprocherait l’infrastructure de ses limites techniques.
Cette évolution doit être évoquée avec le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés énergétiques.
Une demande formulée par Madrid
Selon The Objective, cette augmentation intervient après une demande transmise par le gouvernement espagnol ces dernières semaines, alors que la volatilité des prix du gaz s’est accentuée sur fond de crises géopolitiques au Moyen-Orient.
L’Espagne cherche ainsi à renforcer ses approvisionnements par gazoduc, considérés comme plus stables et généralement plus compétitifs que le gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par méthaniers. Cette initiative espagnole avait été révélée en premier lieu par Bloomberg.
Toujours selon les informations rapportées par The Objective, des échanges ont eu lieu entre responsables algériens et espagnols afin d’examiner les marges d’augmentation des flux via Medgaz. Des “sources du secteur énergétique” citées par le média indiquent que Madrid pousse à exploiter pleinement les capacités techniques du gazoduc, avec une augmentation immédiate des volumes si les conditions opérationnelles le permettent.
Une concurrence accrue avec le gaz américain
Selon des données relayées par The Objective, l’Algérie a longtemps occupé une position dominante dans l’approvisionnement gazier de l’Espagne, représentant jusqu’à 45,2 % des livraisons, devant les États-Unis.
Mais cette dynamique a évolué : depuis le début de l’année, les États-Unis sont devenus le premier fournisseur, avec environ 39 % des volumes, contre près de 29 % pour l’Algérie, principalement via des livraisons de GNL.
Cette évolution intervient alors que les marchés énergétiques européens restent sous pression, notamment en raison des tensions au Moyen-Orient, qui ont entraîné une forte volatilité des prix du gaz. Dans ce contexte, le recours accru au gaz algérien acheminé par Medgaz apparaît pour l’Espagne comme un levier clé pour sécuriser ses approvisionnements et limiter son exposition aux fluctuations du GNL. L’Algérie, de son côté, consolide ainsi son rôle de partenaire énergétique stratégique, tout en cherchant à préserver ses parts de marché dans un environnement devenu plus concurrentiel.


