L’ambassadeur a reconnu que l’Union avait trop réglementé. Interrogé mardi, lors de la rencontre avec la presse au stand de l’UE du NAPEC, sur la réduction des émissions dans le transport, il a rappelé avoir déjà tenu ce propos la veille, lors d’un panel. « En Europe, on est conscient qu’on a trop réglementé, donc on est prêt aussi à reconnaître des erreurs, à revenir en arrière, à simplifier », a-t-il déclaré. Il a ajouté que « parfois il y a eu des excès réglementaires en Europe ».
Cette autocritique répond d’abord à un souci de compétitivité. Les contraintes imposées aux entreprises, aux processus industriels, au transport et même à la consommation ne doivent pas devenir, selon lui, « un fardeau qui affecte la compétitivité ». Le diplomate s’est aussi appuyé sur le rapport Draghi, auquel il a renvoyé en parlant d’investissements « colossaux ».
Ce rapport chiffre à environ 800 milliards d’euros par an l’effort nécessaire pour adapter l’économie européenne. Mais l’allègement n’entraîne aucun recul sur le fond. « L’Europe n’a pas changé d’objectif, a-t-il insisté. Notre objectif est toujours d’avoir une économie décarbonée et qui soit compétitive, prospère et juste du point de vue social. » Les deux sont conciliables, selon lui, puisque « il est possible de faire les deux choses en même temps ».
Un cadre réglementaire à faire évoluer des deux côtés
Le diplomate a ensuite élargi son propos aux partenaires de l’Union. « Il y a des erreurs de l’Europe, donc les autres doivent apprendre de ça », a-t-il estimé, en évoquant les grandes économies qui ont vu « comment en Europe on est allé trop loin », mais aussi comment l’Union est capable « de revenir en arrière tout en conservant l’objectif principal ». Il a présenté sa démarche comme « un message pour tous nos partenaires », en précisant que « même en Algérie, il faudra changer le cadre réglementaire ». Il n’a pas dit quelles règles algériennes devaient évoluer, ni dans quel sens.
Ce discours s’appuie sur un chantier déjà bien avancé à Bruxelles. L’Union a présenté douze propositions de simplification depuis février 2025, et le paquet sur la durabilité des entreprises a été approuvé en février 2026. Le 24 juin, la Commission a ajouté un nouvel omnibus sur l’étiquetage énergétique et la fiscalité. Elle vise une baisse de 25 % de la charge administrative pour les entreprises et de 35 % pour les PME, et chiffre à 37,5 milliards d’euros les économies attendues.
Pour un exportateur de gaz comme l’Algérie, cet assouplissement touche un dossier concret, le règlement européen sur le méthane. L’ambassadeur ne l’a pas cité, mais le sujet est en mouvement. Ce texte impose aux importateurs de surveiller et de déclarer leurs émissions à partir du 1er janvier 2027, et la Commission a recommandé le 20 juillet de ne pas appliquer d’amendes jusqu’à fin 2029, selon l’AFP.
L’Algérie, de son côté, a demandé fin septembre, avec les États-Unis, le Qatar et le Nigeria, une suspension du calendrier. La Commission a depuis annoncé son intention de proposer un report d’un an de l’entrée en vigueur. Les deux parties en avaient d’ailleurs déjà parlé. Le 12 février, Alger et Bruxelles avaient convenu de coordonner la mise en œuvre du règlement, pour préserver l’accès du gaz algérien au marché européen.


