Oran : les « 100 locaux » de Bouteflika récupérés pour la santé

La commune d’Aïn El Turck, dans la wilaya d’Oran, a entamé la récupération de locaux commerciaux restés fermés pendant des années au quartier Bensmir. Ils sont connus localement comme faisant partie du projet des « 100 locaux par commune », lancé sous le défunt président Abdelaziz Bouteflika. Ils sont désormais affectés à une structure de santé au profit des malades, sur décision du wali d’Oran, Brahim Ouchene.

3 min de lecture
Quartier Bensmir (Aïn El Turck) : les locaux transférés à l’hôpital Medjber Tami.
Ajoutez Maghreb Émergent sur Google pour trouver du contenu similaire

La cérémonie de remise et de réception de la décision de mise à disposition du foncier s’est tenu hier au siège de la mairie. Elle a réuni le président de l’APC, Zouaoui Yahiouche, et le directeur général de l’établissement hospitalier Docteur Medjber Tami, Tarek Belbaï. Le secrétaire général de la commune et plusieurs employés communaux y assistaient. L’opération s’inscrit dans l’application des instructions du wali, qui demande de réhabiliter les biens non exploités et de les orienter vers l’intérêt général.

En vertu de cette décision, les locaux sont placés sous la tutelle de l’établissement hospitalier, qui doit les aménager pour en faire un centre public d’examens médicaux spécialisés. Le futur centre comprendra une aile de radiologie et un laboratoire d’analyses médicales, ainsi que des équipements médicaux modernes et complets. Il doit renforcer les services de santé et améliorer la prise en charge des patients, en particulier pour les habitants de la daïra d’Aïn El Turck.

Selon ses initiateurs, la mesure vise à rapprocher les soins spécialisés des citoyens et à leur éviter des déplacements vers d’autres établissements hospitaliers. Elle doit aussi faciliter l’accès des patients aux examens nécessaires dans de bonnes conditions, et améliorer la qualité des services de santé dans la commune et les zones voisines.

Cette démarche remet en lumière l’histoire du projet des « 100 locaux par commune », que les Algériens appelaient « les locaux du Président ». Lancé sous Bouteflika, il avait suscité de grands espoirs de création d’emplois pour les jeunes chômeurs. La distribution des locaux aux bénéficiaires a commencé dans certaines communes dès 2011. Mais le projet s’est heurté à des obstacles sur le terrain. De nombreux locaux se trouvaient loin des centres-villes et n’attiraient pas la clientèle. Plusieurs bénéficiaires ont renoncé à les exploiter, et un nombre important d’entre eux est resté fermé pendant des années.

Des rapports de presse antérieurs avaient évoqué un coût global d’environ 35 milliards de dinars. Ils présentaient le projet comme l’un des symboles du gaspillage de l’argent public pendant les années d’aisance financière. Des maires avaient aussi indiqué que certains locaux abandonnés étaient devenus des lieux fréquentés par des délinquants, et que dans certaines communes une faible part seulement avait été exploitée.

Face à cet échec, la gestion du projet a été confiée aux communes, et les maires ont été autorisés à récupérer les locaux inexploités pour les réorienter vers des équipements de proximité. La démarche d’Aïn El Turck s’inscrit dans cette logique : des locaux restés fermés, qui pesaient sur la commune, deviennent une structure de santé au service des habitants.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article