Pastèques : la colère monte en Espagne face aux importations marocaines

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La pastèque marocaine gagne du terrain sur le marché européen, au moment où débute la campagne espagnole ©Istock

La campagne 2026 tourne mal pour les producteurs espagnols de pastèque. Le Maroc s’impose désormais comme premier fournisseur extracommunautaire de l’Union européenne sur ce fruit, et ses volumes progressent au moment précis où l’Espagne lance sa propre récolte.

Les chiffres cités par le quotidien économique espagnol elEconomista donnent la mesure du phénomène. Sur le premier semestre, l’UE a importé plus de 350 000 tonnes de pastèques en provenance de pays tiers, soit une hausse de 15 % sur un an. Le Maroc en a fourni près de 149 000 tonnes, en progression de 14 %.

Le secrétaire général de l’organisation agricole COAG, Andrés Góngora, cité par l’agence EFE, pointe une différence variétale entre les deux origines : la pastèque marocaine est plus grosse que l’espagnole, mais aussi plus riche en pépins. Peu importe pour le marché. La hausse des importations a suffi à saturer l’offre disponible et à tirer les prix vers le bas au pire moment pour les producteurs espagnols.

Le Maroc n’est pourtant pas le pays qui progresse le plus vite. Le Brésil décroche cette place, avec des envois en hausse de 40 % sur un an et un volume qui a plus que doublé par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le Sénégal suit de près, avec une progression de 25 %. Son calendrier de production, qui coïncide avec le lancement de la campagne espagnole, inquiète particulièrement le secteur, tout comme la difficulté des consommateurs à distinguer sa pastèque de la production espagnole sur les étals. La Turquie complète le tableau des concurrents montants, avec une présence croissante sur des marchés que l’Espagne travaillait jusque-là sans partage, en Pologne et en Autriche notamment.

Le melon suit une trajectoire inverse

Sur le melon, la tendance s’inverse. Entre janvier et juin, les importations européennes en provenance de pays extracommunautaires ont reculé de 11 %, à 173 000 tonnes. Le Brésil reste le premier fournisseur malgré cette baisse, ses volumes demeurant largement supérieurs à sa moyenne des cinq dernières années. Le Maroc occupe la deuxième place, mais ses exportations vers l’Europe ont chuté de plus de 40 % sur un an. Costa Rica et Sénégal suivent, ce dernier étant le seul grand fournisseur à avoir augmenté ses envois sur les douze derniers mois.

C’est là que le Sénégal recommence à préoccuper les producteurs espagnols, cette fois sur le melon piel de sapo. « Nous avons toujours eu de la concurrence avec le melon latino-américain, mais nous avons réussi à nous défendre car le consommateur a privilégié le melon espagnol ; ce qui nous inquiète maintenant, c’est que la production sénégalaise continue de progresser sur cette variété », a déclaré Andrés Góngora à EFE. À Almería, cette concurrence pèse déjà sur le lancement de la campagne, doublée par l’arrivée précoce du melon brésilien.

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