Abdelmadjid Tebboune signe deux décrets d’amnistie à l’occasion de l’Aïd‑el‑Fitr

Mecipsa Amokrane
2 min de lecture
Le président Abdelmadjid Tebboune lors de son entretien périodique avec la presse nationale

À l’occasion de la fête de l’Aïd‑el‑Fitr, le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a signé, ce jeudi 19 mars 2026, deux décrets présidentiels majeurs accordant des mesures d’amnistie et d’allégement de peine.

Le premier décret concerne les infractions relevant du droit commun et prévoit un aménagement ou une remise totale de peine pour 5 600 personnes détenues ou en liberté, dont la peine ou le solde de peine est de 24 mois ou moins.

Selon un communiqué de la présidence de la république, ce décret exclut plusieurs catégories d’infractions, notamment les personnes condamnées ou incarcérées pour actes de terrorisme ou de sabotage, celles poursuivies pour atteinte à l’autorité de l’État ou à l’unité nationale, ainsi que les condamnations liées au grand banditisme, aux vols aggravés, à l’organisation criminelle ou aux meurtres. Sont également exclus les auteurs d’infractions économiques et de sécurité publique, telles que le trafic de stupéfiants, la contrebande, la fraude alimentaire et pharmaceutique, la discrimination ou les discours de haine, ainsi que certaines violations liées au système pénitentiaire.

La même source indique, que le second décret présidentiel porte sur les infractions en lien avec l’ordre public, en particulier celles relevant du cyberespace et des réseaux sociaux, étendant l’effet de l’amnistie aux délits commis dans l’environnement numérique.

Ces mesures interviennent alors que plusieurs défenseurs de la liberté d’expression et détenus d’opinion restent poursuivis pour la diffusion de contenus sur les réseaux sociaux, souvent qualifiés par les autorités de « atteintes à l’ordre public » ou d’« infractions en lien avec le numérique». Des organisations de défense des droits humains ont régulièrement dénoncé ces poursuites, les jugeant contraires à la liberté d’expression. Dés lors la question que d’aucuns se posent: cette mesure concernera-t-elle les détenus d’opinions ?

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