Aïn Oussara : après 11 ans de retards, le chantier maudit de l’électricité touche enfin à sa fin

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Le chantier de la centrale à cycle combiné d'Aïn Oussara, dans la wilaya de Djelfa, repris en 2025 par un consortium chinois après la défaillance de l'espagnol Duro Felguera. (DR)

Lancée en 2014, la centrale à cycle combiné d’Aïn Oussara entre dans sa phase finale. Deux tranches seront opérationnelles dès 2026, la pleine capacité de 1 200 MW attendue en 2027.

Il aura fallu onze ans, un constructeur espagnol en pré-faillite, une procédure d’arbitrage et un consortium chinois pour que le chantier de la centrale électrique d’Aïn Oussara, érigée en wilaya en novembre 2025, approche enfin de son terme. Le ministre de l’Énergie, lors d’une visite sur site, a confirmé que deux tranches seront opérationnelles dès cette année, avec une réception définitive à pleine capacité de 1 200 mégawatts prévue pour 2027.

Un contrat à 540 millions d’euros parti à la dérive

En 2014, Sonelgaz confie la construction de cette centrale à cycle combiné à l’espagnol Duro Felguera pour un montant de 540 millions d’euros. Le délai contractuel est fixé à 40 mois. Le projet accuse rapidement du retard, les deux parties se renvoyant mutuellement la responsabilité des blocages. En juin 2024, Duro Felguera franchit un cap et notifie officiellement la suspension du chantier à la bourse espagnole, la CNMV. Sonelgaz engage dans la foulée une procédure d’arbitrage devant la Chambre de Commerce d’Algérie, réclamant 413 millions d’euros. Les garanties bancaires sont exécutées, permettant de récupérer 54,8 millions d’euros. En décembre 2024, Duro Felguera entre en pré-faillite.

Un consortium chinois reprend la main

La sortie de crise intervient en avril 2025 sous la forme d’un accord amiable. Le projet est cédé à un consortium regroupant trois sociétés chinoises, CPECC, APCC et NWEPDI, avec la participation de GE Energy Products France pour la fourniture des équipements de turbinage. Sonelgaz pilote désormais la finalisation des travaux en s’appuyant sur des entreprises algériennes publiques et privées.

La centrale d’Aïn Oussara, conçue à l’origine pour renforcer un réseau électrique sous tension croissante, représente une capacité équivalente à celle d’une grande centrale à charbon européenne. Son entrée en service cette année, même avec une décennie de retard, constitue un apport significatif pour le système électrique national, dans un pays où la demande estivale bat régulièrement des records.

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