La liste officielle des produits bancaires autorisés publiée par la Banque d’Algérie le 14 mai 2026 intègre pour la première fois une carte CIB à débit différé destinée aux particuliers titulaires d’un compte courant. Les opérations effectuées dans le mois sont regroupées et débitées à date fixe, dans la limite d’un plafond défini. La carte permet le paiement chez les commerçants, le paiement en ligne et la consultation du solde, des opérations et des plafonds autorisés.
Ce mécanisme, familier en Europe sous le nom de carte de crédit, est distinct du débit immédiat qui prévaut sur les cartes CIB classiques algériennes, où chaque opération est débitée en temps réel. Il offre à l’utilisateur une souplesse de trésorerie entre deux échéances, sans constituer formellement un crédit à la consommation.
Une gamme CIB qui s’élargit
La même mise à jour précise et étend l’ensemble de la gamme CIB. La carte classique couvre la consultation de solde, les virements, les retraits et dépôts, le paiement chez les commerçants équipés de TPE et le paiement en ligne sur les plateformes agréées. La carte prépayée, destinée aux titulaires de comptes courants ou d’épargne, permet le paiement chez les commerçants, le paiement en ligne et les retraits en DAB. La carte entreprise, quant à elle, ouvre l’accès au paiement des impôts et taxes à distance via la plateforme Jibayati.
Du côté des cartes internationales, Visa, Mastercard et American Express sont confirmées dans le catalogue pour les particuliers, les entreprises et les porteurs de cartes Signature. Elles permettent le paiement et le retrait en devises sur les réseaux internationaux ainsi que les transactions de commerce électronique international. La BDL avait annoncé en juin 2025 l’intégration de Mastercard à son dispositif, en complément de Visa, pour élargir la couverture géographique de ses clients à l’étranger.
Des commissions qui freinent l’usage
La réintégration des cartes internationales dans la liste réglementaire n’efface pas les obstacles tarifaires documentés. Les commissions prélevées sur les transactions Visa pèsent sur la rentabilité des e-comerçants algériens et freinet leur développement à l’international, dans un contexte où l’absence de transparence sur les grilles tarifaires complique la construction de modèles économiques viables.
Le parc de cartes bancaires en circulation atteignait 22,5 millions d’unités en mars 2026. Pourtant, le réseau ne recensait à la même date qu’un million de transactions numériques sur l’ensemble du territoire, soit moins d’une opération par terminal tous les trois jours. L’écart entre le parc de cartes et l’usage effectif résume le défi que la mise à jour du 14 mai cherche, partiellement, à réduire.


