La Banque d’Algérie presse les banques commerciales sur le paiement électronique

Maghreb Emergent
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Le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Lamine Lebbou (au centre), lors de la réunion avec les dirigeants des banques commerciales, le 14 juin 2026 à Alger. ©Banque d'Algérie

Mohamed Lamine Lebbou a réuni, dimanche 14 juin, l’ensemble des dirigeants des banques commerciales actives sur la place algérienne. Un rendez-vous périodique, en apparence de routine, mais qui cette fois a débouché sur des injonctions précises au secteur.

Le gouverneur de la Banque d’Algérie a présidé cette rencontre en présence de ses vice-gouverneurs et de hauts cadres de l’institution. L’ordre du jour couvrait l’examen des résultats récents du système bancaire, l’évaluation des mesures de politique monétaire en vigueur, et l’accélération du chantier de l’inclusion financière.

«Diversifier les produits» et couvrir l’ensemble du territoire

Lebbou a exhorté les banques commerciales à élargir leur gamme de produits et à rehausser la qualité de leurs services de proximité et ce, afin de rendre les services financiers accessibles à l’ensemble des citoyens et des entreprises, «sur tout le territoire national», selon les termes du communiqué officiel. Une formule qui vise directement les zones enclavées, où la bancarisation demeure insuffisante malgré des années de discours institutionnels. Lebbou avait déjà placé ce chantier au cœur de ses priorités en avril, lors de la généralisation des normes KYC aux dix-neuf établissements du secteur.

Le gouverneur a présenté un bilan de l’activité bancaire, dont les indicateurs affichent, selon la Banque d’Algérie, «un renforcement dans la collecte des ressources et un engagement soutenu dans le financement de l’économie». Les chiffres précis n’ont pas été rendus publics à l’issue de la réunion.

Sur la politique monétaire, l’institution centrale a rappelé que les mesures récemment mises en œuvre visent à «garantir la stabilité des prix tout en maintenant des conditions de financement optimales» pour soutenir la production nationale. Un équilibre rendu plus délicat par les assouplissements successifs du taux directeur depuis août 2025, dans un contexte où le FMI pointe les risques pesant sur l’autonomie des banques centrales maghrébines.

La transformation numérique, priorité affichée

Le volet qui a concentré le plus d’attention est celui de la modernisation des systèmes de paiement. La Banque d’Algérie a présenté la transformation numérique du secteur comme «un levier fondamental de l’inclusion financière», avec un accent particulier mis sur la modernisation des instruments de paiement. Les banques ont été appelées à accélérer leur mise à niveau sur ce front.

Le retard algérien en matière de paiement électronique est documenté. En mars 2026, le GIE Monétique recensait à peine un million de transactions numériques sur l’ensemble du territoire, soit moins d’une opération par terminal de paiement tous les trois jours. Le pays compte pourtant 22,5 millions de cartes bancaires en circulation. Quant aux 9 000 milliards de dinars qui continuent de circuler hors circuits bancaires, ils résument mieux que tout discours officiel l’ampleur du chantier.

Le gouverneur a rappelé que les directives de la Banque d’Algérie devront être appliquées, sans marge d’interprétation. Le prochain rapport périodique de l’institution, attendu dans les prochaines semaines, devrait fournir les données quantitatives sur lesquelles sera évaluée l’exécution de ces orientations par chacun des établissements du secteur.

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