Paiement électronique en Algérie : moins de 10 % des commerces équipés de TPE

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Le retard de l’Algérie en matière de paiement électronique se confirme. Les chiffres sont sans appel. Moins de 10 % des commerces formels disposent d’un TPE, un Terminal de Paiement Électronique. Il s’agit du petit appareil installé en caisse qui permet au client de régler ses achats par carte bancaire, sans espèces. Cette réalité préoccupante a été révélée par M. Aboubakr Belloul, chef de division au sein du GIE Monétique (Groupement d’Intérêt Économique chargé de la gestion des systèmes de paiement électronique en Algérie), lors de son passage sur les ondes de la Chaîne 2 de la Radio nationale.

100 000 TPE pour 1,2 million de commerçants

Les statistiques datant du mois de mars dernier sont éloquentes. L’Algérie compte actuellement 100 000 TPE opérationnels. Or, le pays recense au minimum 1,2 million de commerçants formels. Le calcul est simple. À peine un commerce sur dix est équipé de ce dispositif de paiement dématérialisé. Le chemin à parcourir reste donc considérable.

Toutefois, le problème ne se limite pas au nombre insuffisant de terminaux déployés. M. Belloul soulève une autre réalité tout aussi préoccupante : la sous-utilisation des TPE existants.

10 transactions par TPE en 31 jours : un chiffre alarmant

En mars 2026, les services du GIE Monétique ont recensé plus d’un million de transactions financières numériques sur l’ensemble du territoire. Ce chiffre peut sembler encourageant à première vue. Pourtant, il se révèle très insuffisant. Rapporté aux 100 000 TPE en service, cela représente un maximum de 10 transactions par terminal sur 31 jours. Soit moins d’une opération par terminal tous les trois jours. Un niveau d’activité extrêmement faible qui illustre la résistance profonde des Algériens au paiement par carte.

22,5 millions de cartes bancaires inutilisées

Ce paradoxe est d’autant plus frappant que l’Algérie dispose d’un parc de cartes bancaires considérable. Le pays compte en effet 22,5 millions de cartes, réparties comme suit :

  • 18 millions de cartes Edhabia, émises par Algérie Poste
  • 4,5 millions de cartes CIB (Carte Interbancaire), émises par les banques commerciales

Ces volumes sont théoriquement suffisants pour générer un boom des transactions numériques. Pourtant, la réalité du terrain est tout autre. Les détenteurs de cartes continuent massivement de retirer des espèces aux distributeurs automatiques plutôt que de payer directement en magasin. Les hésitations et les résistances culturelles freinent ainsi l’essor du paiement électronique.

Face à ce constat, M. Belloul formule des recommandations concrètes. Il appelle en premier lieu à des campagnes de sensibilisation ciblées. Ces campagnes doivent impliquer aussi bien les associations de commerçants que celles de consommateurs. L’objectif est clair : changer les mentalités et lever les réticences des deux côtés du comptoir. Le commerçant doit accepter le TPE. Le client doit adopter le réflexe carte.

Le paiement mobile, solution d’avenir

Par ailleurs, l’invité de la Chaîne 2 plaide pour une solution complémentaire et plus accessible : la généralisation du paiement mobile. Cette technologie permet de régler ses achats directement depuis un smartphone, sans carte physique ni terminal dédié. Elle représente, selon lui, une alternative fiable et sûre au paiement en espèces.

Une dynamique est déjà en marche. À ce jour, 7 banques sur les 19 que compte l’Algérie ont rejoint le dispositif de paiement mobile. C’est un début prometteur. Cependant, un acteur majeur manque encore à l’appel : Algérie Poste. Son adhésion est décisive. Avec ses 18 millions de détenteurs de cartes Edhabia, Algérie Poste constitue le maillon manquant pour donner une véritable impulsion à cette solution.

Un chantier urgent

Le paiement électronique en Algérie accuse un retard structurel important. Les outils existent. Les cartes sont émises en masse. Mais leur utilisation effective reste marginale. Développer le réseau de TPE, intensifier la sensibilisation et accélérer le déploiement du paiement mobile sont les trois leviers indispensables pour sortir l’économie algérienne de sa dépendance au cash.

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