Ports algériens : la Banque mondiale confirme les inquiétudes des autorités sur les délais de traitement

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Le dernier classement mondial des ports à conteneurs publié par la Banque mondiale et Global Market Intelligence confirme les préoccupations exprimées depuis plusieurs deux ans par les autorités concernant les performances des ports algériens. L’étude met en évidence les difficultés liées aux délais de traitement des marchandises et à l’attente des navires dans plusieurs infrastructures portuaires du pays.

Le classement repose sur le « Container Port Performance Index » (CPPI), qui compare 400 ports à travers le monde. L’indice mesure le temps écoulé entre l’arrivée d’un navire en rade et son départ après les opérations de chargement et de déchargement. Plus ce délai est court, plus le port est considéré comme performant.

Annaba, premier port algérien

Parmi les ports algériens, le port d’Annaba réalise la meilleure performance. Il se classe au 16e rang africain et à la 270e place mondiale. Le port d’Alger occupe la 44e place africaine et le 379e rang mondial. Le port de Béjaïa arrive à la 47e place africaine et à la 388e position mondiale.

Ces résultats confirment les difficultés relevées à plusieurs reprises par les pouvoirs publics concernant la fluidité du trafic maritime et le traitement des marchandises dans les ports nationaux.

Les autorités ont multiplié les réformes

Face à cette situation, le gouvernement a engagé plusieurs mesures depuis 2025 afin d’améliorer les performances des ports algériens.

En février 2025, les autorités ont ordonné le passage progressif des ports au régime de fonctionnement continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L’objectif était de réduire les délais d’attente des navires et d’accélérer les opérations de manutention. Les différentes entreprises portuaires se sont progressivement conformées à cette instruction.

Une nouvelle étape a été franchie en mai 2026. Les autorités portuaires ont demandé aux opérateurs économiques, aux transitaires et aux déclarants en douane de mobiliser leurs équipes en continu afin de faciliter la sortie des marchandises et d’éviter l’accumulation des conteneurs dans les enceintes portuaires.

Parallèlement, les pouvoirs publics ont renforcé la coordination entre les différents intervenants de la chaîne logistique et réactivé la procédure de déroutement des navires vers des ports moins congestionnés.

La modernisation des ports algériens passe également par un important programme d’investissement. Depuis 2025, plusieurs entreprises portuaires ont acquis de nouveaux équipements de manutention. Des grues, des reach stackers, des tracteurs portuaires et d’autres matériels spécialisés ont été mis en service pour améliorer la productivité des quais et réduire les temps d’immobilisation des navires.

Ces investissements visent à accélérer le traitement des marchandises et à renforcer la compétitivité des infrastructures portuaires nationales.

Une amélioration attendue dès 2026

Malgré ce classement peu flatteur, les perspectives semblent plus encourageantes pour les ports algériens. Les mesures engagées depuis deux ans commencent à produire leurs effets.

Le port de Béjaïa a notamment enregistré au début de l’année 2026 des résultats remarqués en matière de réduction des délais d’attente des navires et d’amélioration de la fluidité des opérations portuaires.

Si cette dynamique se confirme et s’étend aux autres infrastructures du pays, les ports algériens pourraient améliorer leur position dans les prochaines éditions du classement de la Banque mondiale. L’enjeu est majeur pour l’économie nationale, car des ports plus performants permettent de réduire les coûts logistiques, de fluidifier le commerce extérieur et de soutenir les exportations hors hydrocarbures.

Le classement africain

À l’échelle africaine, le port marocain de Tanger Med arrive en tête du classement. Il occupe la 6e place mondiale, devant Port-Saïd en Égypte (15e mondial) et Djibouti (53e mondial). Le Top 10 africain comprend également Damiette et El Sokhna en Égypte, Mogadiscio en Somalie, Dakar au Sénégal, El Dekheila en Égypte, San Pedro en Côte d’Ivoire et Malabo en Guinée équatoriale.

Selon la Banque mondiale, les ports africains souffrent encore de contraintes de capacité, d’investissements parfois insuffisants, d’une faible connectivité avec l’arrière-pays et d’une concurrence interportuaire limitée.

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