Adoptée à l’unanimité le 12 septembre par les onze chefs d’État réunis à Bharat Mandapam, sous présidence indienne avant le passage de relais à la Chine pour 2027, la Déclaration de New Delhi structure ses 140 points autour de trois piliers, politique et sécurité, économie et finance, coopération entre peuples. Le texte réaffirme les principes de souveraineté, d’égalité entre États et de consensus qui gouvernent le groupe depuis sa fondation en 2006.
Un siège élargi pour l’Inde et le Brésil, une réforme du FMI en toile de fond
Sur le volet de la gouvernance, les Onze affirment leur soutien à un rôle élargi de l’Inde et du Brésil au Conseil de sécurité de l’ONU, une revendication ancienne des deux pays qui trouve dans ce texte sa formulation la plus consensuelle depuis plusieurs sommets. La déclaration y adosse un appel à la réforme du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, sans détailler ni un calendrier ni un mécanisme de mise en œuvre.
C’est sur ce terrain que s’est attardé Omar Berkouk dans son analyse du sommet, plutôt que sur le commerce ou la finance. Sa lecture retient une trajectoire de consolidation méthodique plutôt qu’un basculement, la réforme institutionnelle et la résistance au protectionnisme occidental constituant, selon lui, le cœur du texte, les progrès sur les paiements alternatifs n’arrivant qu’en complément.
Sur le commerce, la déclaration rejette les tarifs douaniers unilatéraux, les sanctions secondaires et les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières, jugés incompatibles avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Les Onze condamnent également les sanctions économiques non validées par le Conseil de sécurité, et réaffirment le traitement de la nation la plus favorisée pour les pays en développement les moins avancés.
Dédollarisation, un chantier resté secondaire
Sur l’architecture financière, le texte enregistre des progrès techniques, des règlements en devises locales, l’interopérabilité des systèmes de messagerie entre banques centrales membres, sans annoncer de monnaie commune ni de calendrier. C’est la même prudence que Berkouk observait déjà en pleine guerre Iran-Israël, quand les appels à sortir du système financier américain se multipliaient sans qu’aucun mécanisme opérationnel ne suive. Berkouk place d’ailleurs ce point en dernier de sa hiérarchie, derrière la gouvernance mondiale et le commerce.
Sur le registre technologique, le sommet reconnaît la contribution du sommet indien sur la gouvernance de l’intelligence artificielle aux discussions internationales et acte le lancement d’un répertoire commun d’infrastructures numériques publiques, d’un réseau de formation en santé et d’un centre indien pour les compétences industrielles du bloc. La présidence indienne revendique plus de 350 réunions organisées dans plus de 25 villes durant son année d’exercice.


