CAN 2026, les Algériennes au seuil d’une qualification historique à la coupe du monde de football

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Les Algériennes affronteront la Côte d'Ivoire samedi en quart de finale de la CAN.

L’équipe nationale féminine de football aborde samedi à Casablanca l’un des rendez-vous les plus importants de son histoire. Face à la Côte d’Ivoire en quart de finale de la CAN 2026, les Vertes de Farid Benstiti affrontent un double enjeu : accéder pour la première fois à une demi-finale continentale, et surtout décrocher, par la même occasion, une qualification directe pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. La CAF a en effet réservé les quatre tickets mondiaux aux demi-finalistes du tournoi. Un an après avoir atteint pour la première fois les quarts de finale, la sélection algérienne se trouve donc à un seul match d’un exploit qu’aucune génération n’a jamais réalisé : offrir au football féminin national sa première participation à une Coupe du monde.

Les Vertes entre solidité défensive et infirmerie chargée

Le parcours algérien en phase de groupes a été marqué par une rigueur défensive remarquable : un seul but encaissé en trois matchs, lors de la courte défaite concédée en toute fin de match face au Maroc. Cette solidité, incarnée par une Chloé N’Gazi quasiment infranchissable depuis l’an dernier, et par la brillante stoppeuse gauche Ghezlene Khezami (Olympique de Marseille), constitue, avec les phases arrêtées offensives, l’argument principal des Vertes face à une attaque ivoirienne réputée dangereuse. L’équipe de Benstiti bénéficie par ailleurs d’un avantage tangible en termes de récupération : ayant disputé son dernier match de poule lundi, elle aura profité de cinq jours de repos avant le coup d’envoi, contre trois seulement pour son adversaire.

Mais cette solidité affichée masque une réalité plus fragile en coulisses. Le sélectionneur algérien a dû composer tout au long du tournoi avec un secteur défensif décimé, et la situation s’est encore compliquée lors du dernier match contre le Kenya : la capitaine et défenseure centrale Sofia Guellati a été contrainte de sortir sur blessure dès la 7e minute, imitée en seconde période par la milieu offensive Ines Boutaleb, tandis que la latérale Ines Belloumou (Aston Villa) semblait également touchée en fin de rencontre. L’incertitude qui plane sur la disponibilité de ces trois joueuses, dont la capitaine, fragilise l’équation algérienne au moment d’affronter une attaque adverse en pleine confiance.

Une Côte d’Ivoire portée par un secteur offensif dense mais perméable

En face, les Éléphantes de Reynald Pedros abordent ce quart de finale avec un très mince statut de favorite sur le papier. Repêchées après l’élargissement du tournoi à seize équipes, elles ont livré une phase de groupes invaincue, ponctuée d’une large victoire sur le Burkina Faso, d’un match nul spectaculaire contre l’Afrique du Sud et d’un succès maîtrisé contre la Tanzanie, pour un total de huit buts marqués. Cette efficacité offensive repose sur plusieurs profils complémentaires, à l’image de la jeune révélation N’Sira Ouédraogo, dix-huit ans, ou de l’attaquante Inès Konan, auteure de trois réalisations.

Le sélectionneur français Reynald Pedros, ancien technicien de l’Olympique Lyonnais et mondialiste avec le Maroc, apporte à cette sélection un savoir-faire tactique et une expérience du haut niveau qui font défaut à beaucoup de ses homologues continentaux. Mais cette équipe ivoirienne présente également une vulnérabilité identifiée : elle n’a réussi aucun clean sheet depuis le début du tournoi et a systématiquement concédé un but en fin de rencontre, y compris dans le temps additionnel. Cette fébrilité défensive tardive pourrait constituer la brèche dans laquelle l’Algérie devra chercher à s’engouffrer.

Vers un match fermé, avec le spectre des tirs au but

Le profil des deux équipes laisse présager une rencontre tendue et indécise, où la prudence pourrait l’emporter sur le spectacle, à l’image du match nul et vierge que les Algériennes avaient longtemps tenu face au Maroc. Un scénario de tirs au but n’est pas à exclure, une perspective qui réveille un souvenir douloureux pour les Vertes, éliminées de cette manière l’an dernier par le Ghana au même stade de la compétition. Une qualification directe pour le Mondial 2027, si elle devait advenir dès [samedi/jeudi — à préciser] soir à Casablanca, représenterait une première retentissante et un tournant historique pour le football féminin algérien, porté en grande partie par des binationales formées et évoluant en Europe.

Pour la Côte d’Ivoire, en revanche, l’enjeu réveillerait plutôt un souvenir amer : lors de son unique participation à une Coupe du monde, en 2015, la sélection ivoirienne avait été sévèrement corrigée par l’Allemagne (0-10) avant de perdre ses deux autres matchs de poule. En cas d’élimination samedi, l’Algérie ne serait pas totalement privée d’espoir : elle basculerait dans un circuit de barrages, d’abord continental, puis intercontinental, pour tenter de décrocher malgré tout une place au Brésil.

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