Le rapport date du mois de septembre dernier ; il évoque « des lourdeurs bureaucratiques, une incertitude réglementaire et des politiques protectionnistes de substitution aux importations », bien que le gouvernement algérien « encourage activement les investissements directs étrangers (IDE) dans plusieurs domaines prioritaires », dit-il.
La même source indique que la crise géopolitique européenne consécutive au conflit en Ukraine a « temporairement renforcé » le rôle d’Alger comme fournisseur alternatif de gaz naturel pour l’Europe. Mais le Département d’État américain signale « des contraintes structurelles internes » qui pèsent, selon lui, lourdement sur l’avenir. Parmi ces contraintes figure la hausse vertigineuse de la consommation énergétique domestique, « combinée à des années de sous-investissement dans les capacités de production », ce qui limite fortement la marge de manœuvre de notre pays pour accroître durablement les volumes d’exportation.
Imprevisibilté reglementaire chronique
“Soucieux de préserver sa souveraineté financière, l’État algerien privilégie l’attraction d’investissements directs étrangers (IDE) ciblés afin de stimuler l’emploi local et de remplacer les importations par une production nationale”, souligne le rapport. Cependant, il estime que « pour les entreprises étrangères établies sur place, la mise en œuvre de ces barrières commerciales se traduit au quotidien par des retards douaniers récurrents, une imprévisibilité réglementaire chronique, des pénuries récurrentes de matières premières et une hausse artificielle des prix à la consommation ».
Le Département d’État identifie néanmoins plusieurs secteurs prioritaires où les opportunités d’affaires restent significatives pour les investisseurs internationaux. Il cite les hydrocarbures, l’agriculture et l’agro-industrie, perçues comme le moteur stratégique de la sécurité alimentaire. Il cite aussi les technologies de l’information et de la communication (TIC), la santé et l’industrie pharmaceutique et « le secteur minier, dopé par la révision législative de 2025 », indique le rapport, en mettant en avant son ouverture aux sociétés étrangères à hauteur de 80 % des parts.
Transferts bloqués, poids de l’informel
Sur le plan financier et monétaire, plusieurs griefs exprimés par les investisseurs étrangers sont rapportés dans l’évaluation du Département d’État. Parmi ces griefs, le gouvernement algérien est critiqué sur les modalités de transfert des capitaux. « Les transferts financiers et les rapatriements de dividendes sont légalement autorisés mais soumis à un processus administratif lourd de près de 30 étapes, pouvant prendre de 3 à 6 mois », estime le rapport.
Parallèlement, il signale « un manque d’efficience structurel » du secteur bancaire algérien : plus de 85 % des actifs bancaires sont contrôlés par des établissements publics, « peu enclins à financer le secteur privé étranger ». La Bourse d’Alger est qualifiée d’embryonnaire, « avec seulement dix entreprises cotées ». Les investissements de portefeuille par des non-résidents sont interdits.
paiement électronique et propriété intellectuelle : beaucoup reste à faire
Il souligne également la faiblesse du paiement électronique, qui peine à s’imposer, et le fait que les cartes bancaires internationales « sont rejetées par la quasi-totalité des commerces locaux ». Enfin, les analystes financiers du Département d’État américain estiment qu’entre un tiers et la moitié de la masse monétaire en circulation « échappe totalement au circuit bancaire officiel ».
La propriété intellectuelle est un autre point faible de l’économie algérienne. Le rapport rappelle que l’Algérie reste maintenue en 2026 sur la liste de surveillance du rapport Special 301 du représentant américain au commerce (USTR), « en raison d’une application insuffisante des lois contre la contrefaçon et le piratage ».
La paralysie administrative
Le rapport diplomatique pointe enfin un phénomène paradoxal issu des campagnes anticorruption menées entre 2019 et 2022. « Bien que des campagnes judiciaires d’envergure aient mené à l’emprisonnement de dirigeants politiques et économiques entre 2019 et 2022, les opérateurs signalent que la crainte d’accusations de corruption ralentit parfois la prise de décision administrative », lit-on dans le rapport.
Le code du travail algérien est considéré comme « particulièrement rigide », surtout en ce qui concerne les visas de travail pour les étrangers. Les contraintes au droit de grève sont également évoquées. « Le droit de grève est reconnu mais encadré par des procédures contraignantes, incluant un vote à bulletin secret et une période de conciliation obligatoire de 14 jours ».


