Le Centre des conventions Mohamed-Benahmed d’Oran referme ce mercredi 7 octobre la 14e édition du NAPEC. Sur le site officiel de la manifestation, ExxonMobil et Chevron figurent en tête de la liste des sponsors, aux côtés d’Oxy, de TotalEnergies, de Pertamina et d’Eni. Dans les allées, en revanche, aucune enseigne ne porte leur nom. TotalEnergies, Eni, Oxy et Pertamina, qui parrainent aussi le salon, y ont leur stand.
En marge de la manifestation, le président de la Chambre de commerce américaine en Algérie, Warren Murdock, a défendu l’idée d’un partenariat renforcé entre les deux pays. Il a présenté l’Algérie comme une « destination d’importance stratégique pour les investisseurs américains ». Il a rappelé son rôle de grand producteur de gaz et de fournisseur du marché européen, appuyé sur des infrastructures de gaz naturel liquéfié et des gazoducs directs, et souligné que les relations entre les entreprises américaines et Sonatrach remontent à plusieurs décennies.
Il a aussi élargi la perspective. « La transition englobe à terme les molécules et les électrons, offrant ainsi à l’Algérie la possibilité de passer du statut de grand producteur d’hydrocarbures à celui de puissance énergétique globale et diversifiée », a-t-il déclaré. Il voit dans le solaire, l’hydrogène vert et les nouvelles activités minières un potentiel considérable. Pour lui, « lorsque les fondamentaux sont solides, les défis deviennent gérables ». Il estime que les mutations des marchés mondiaux, la recherche algérienne de partenaires à long terme et les priorités du pays se rejoignent avec les capacités américaines.
M. Murdock a mis en avant l’apport des entreprises américaines en capitaux et en technologies, sans oublier la formation des compétences locales. Il s’est appuyé sur les liens déjà noués avec Sonatrach, Sonelgaz, ALNAFT et l’ARH.
Deux pavillons remarqués en 2025
L’an dernier, les deux compagnies avaient pignon sur rue. Plusieurs participants à l’édition 2025 affirment que les stands d’ExxonMobil et de Chevron étaient les plus grands du salon. Celui de Chevron, conçu par la société EXPOSIGN, s’étendait sur deux niveaux, avec une salle de réunion vitrée. En octobre 2025, des délégations des deux groupes avaient aussi été reçues par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, en marge de la manifestation. Dès 2024, elles figuraient parmi les sponsors.
Les liens avec Sonatrach ne datent pas non plus d’hier. ExxonMobil avait signé en mai 2024 un protocole d’accord pour étudier le développement des bassins de l’Ahnet et du Gourara. Chevron avait fait de même en juin 2024 pour les bassins de l’Ahnet et de Berkine. Ces protocoles ont ensuite donné lieu à des négociations directes avec Sonatrach sur ces mêmes bassins.
Du côté algérien, M. Arkab a reçu M. Murdock pendant le salon. Ce dernier dirige aussi Occidental Petroleum (Oxy) en Algérie. Le ministre lui a rappelé que le secteur accompagnerait les investisseurs américains dans le cadre de la loi 19-13 sur les hydrocarbures, et les a invités à l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2026 ».
Un salon placé sous le signe de l’« addition énergétique »
Cette 14e édition revendique plus de 450 exposants et 230 intervenants. Elle s’est ouverte sous le thème de l’« addition énergétique », une approche qui vise à empiler de nouvelles capacités sur la base fossile plutôt qu’à s’en détourner. M. Arkab a plaidé à l’ouverture pour un gaz qui continuera de jouer un rôle important dans le mix, sans renoncer aux énergies propres.
D’autres groupes américains sont présents au salon. Les États-Unis pèsent 29 % des investissements directs étrangers en Algérie, selon les données officielles, et Sonatrach et Oxy avaient signé deux protocoles d’accord en marge du Forum Énergie États-Unis-Algérie 2025. L’ambassade des États-Unis à Alger recense par ailleurs 17 entreprises américaines participantes, actives sur toute la chaîne de valeur, du forage à l’ingénierie. Plusieurs mémorandums d’entente ont, de leur côté, été signés sur place, dont un entre Sonatrach et le thaïlandais PTTEP.
Quant à l’« Algeria Bid Round 2026 », auquel M. Arkab a convié les investisseurs américains, il a été lancé le 19 avril et porte sur sept zones d’exploration. ALNAFT attend les offres jusqu’au 26 novembre, et la signature des contrats avec Sonatrach est prévue le 31 janvier 2027.


