Du 5 au 7 octobre, le Centre des conventions Mohamed Ben Ahmed accueille la 14e édition de l’Africa & Mediterranean Energy & Hydrogen Exhibition & Conference. L’EURL NAPEC, qui organise l’événement, annonce plus de 25 000 participants, entre compagnies nationales et étrangères, fournisseurs de technologies, régulateurs, investisseurs et délégations diplomatiques.
Sonatrach et Alnaft y seront fortement représentées, selon le Centre de développement des énergies renouvelables, qui s’attend à des annonces de partenariats en marge du salon. L’an dernier, la 13e édition avait rassemblé près de 500 exposants venus d’une soixantaine de pays.
Le salon change de discours. En 2025, il voulait « accélérer l’énergie de demain ». Cette année, le communiqué des organisateurs part d’une demande énergétique mondiale en hausse, qu’aucune ressource ne pourra couvrir seule, et plaide pour une mobilisation complémentaire de toutes les sources disponibles, sans renoncer aux solutions bas-carbone ni à la réduction des émissions.
La transition n’est donc pas abandonnée, mais elle cesse d’être l’horizon unique, et la sécurité d’approvisionnement passe au premier plan. L’Algérie, présentée comme un carrefour entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, a tout intérêt à porter ce discours au moment où ses clients européens cherchent du gaz.
Une demande européenne que l’offre peine à suivre
Le contexte a basculé le 28 février. Depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le trafic dans le détroit d’Ormuz s’est presque interrompu, et le GNL qatari, qui transite par ce passage, a pratiquement disparu du marché européen.
D’après Eurostat, sa part dans les importations de GNL de l’Union est tombée à 0,3 % au deuxième trimestre 2026, alors qu’elle atteignait 10,1 % au dernier trimestre 2025. Une partie de la demande s’est reportée sur l’Algérie, dont la part dans les importations européennes de gaz par gazoduc est passée de 17,4 % en 2025 à 18,2 % au deuxième trimestre, derrière la Norvège. Le débit de Medgaz a été relevé au printemps de 28 à 32 millions de mètres cubes par jour et Madrid souhaiterait obtenir jusqu’à 1,8 milliard de mètres cubes supplémentaires.
Fin août, le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, est venu plaider à Alger pour des contrats de long terme, et un accord avec l’énergéticien VNG prévoit une hausse des livraisons vers l’Allemagne dès le 1er janvier 2027.
Or l’offre ne suit pas. La production nationale de gaz a reculé en 2025 pour la troisième année consécutive, à 101,84 milliards de mètres cubes contre 104,5 milliards un an plus tôt. Le marché intérieur en consomme près de la moitié, et la demande des centrales électriques continue de grimper, si bien que chaque volume supplémentaire expédié vers l’Europe réduit d’autant la marge disponible pour le pays.
Sonatrach a tranché en faveur des gazoducs vers l’Italie et l’Espagne, adossés à des contrats indexés, et le GNL en fait les frais, avec des expéditions en baisse de 6,5 % au premier semestre, à 4,47 millions de tonnes. Quant à l’hydrogène, de nouveau à l’affiche, il reste au stade des intentions. Le mémorandum sur l’hydrogène vert signé lors de la 12e édition par Sonatrach, Sonelgaz et quatre groupes européens n’apparaît pas dans le communiqué de cette année.
Le programme du salon reflète ces tensions. À côté des panels sur les interconnexions Afrique-Europe, le gaz, l’hydrogène et les infrastructures, plusieurs sessions porteront sur la valorisation des champs matures et la récupération assistée, ces techniques qui permettent de prolonger la vie des gisements vieillissants.
Les débats aborderont aussi l’intelligence artificielle et la digitalisation des opérations, le rôle des régulateurs, le transfert de technologies et la formation, tandis que l’exposition couvrira toute la chaîne, de l’amont pétrolier et gazier aux outils numériques. Les organisateurs veulent que le dialogue se transforme en « partenariats, en investissements et en projets concrets ».
Ces engagements seront jugés à l’aune du calendrier de l’amont. Lors du NAPEC 2025, Mohamed Arkab avait annoncé que 80 % des projets énergétiques de la période 2025-2029 iront à l’exploration et à la production. L’Algeria Bid Round 2026 d’Alnaft met en concurrence sept blocs dans cinq bassins sahariens, avec pour la première fois des salles de données consultables à distance.
Le précédent appel d’offres avait débouché sur l’attribution de cinq périmètres sur six, pour 606 millions de dollars d’investissements minimaux. Les offres sont attendues le 26 novembre et les contrats doivent être signés avant le 31 janvier 2027.


