L’intitulé retenu pour cette édition marque une inflexion. Selon le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), le slogan du NAPEC 2026 évoque une nouvelle approche du mix énergétique, fondée sur l’« addition » des sources d’énergie plutôt que sur la transition, au nom de la sécurité d’approvisionnement et de la maîtrise des coûts.
L’édition précédente entendait encore « accélérer l’énergie de demain ». Le programme des conférences porte sur la sécurité des approvisionnements, l’hydrogène, la valorisation des gisements matures et l’amélioration de la productivité des puits. D’après le CDER, Sonatrach et l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) y seront fortement représentées, et des annonces de partenariats sont attendues en marge du salon.
Le baril au rythme d’Ormuz
Cette inflexion fait suite à sept mois de crise au Moyen-Orient. Depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz s’est presque interrompu. Le Brent, retombé à 83 dollars à la mi-juin après l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran, est remonté après l’échec de la trêve. Il évoluait fin septembre autour de 100 dollars, en hausse de près de 64 % depuis le début de l’année. Téhéran a soumis à Washington une proposition de réouverture du détroit sous sept jours, assortie de conditions.
Sur le marché gazier, le choc a d’abord frappé le GNL qatari, qui transite lui aussi par Ormuz. Selon Eurostat, sa part dans les importations européennes de GNL est tombée à 0,3 % au deuxième trimestre 2026, contre 10,1 % au dernier trimestre 2025.
Une partie de la demande s’est reportée sur l’Algérie. Le débit du gazoduc Medgaz a été porté au printemps de 28 à 32 millions de mètres cubes par jour, et Madrid souhaiterait obtenir jusqu’à 1,8 milliard de mètres cubes supplémentaires. Fin août, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est rendu à Alger pour plaider en faveur de contrats de long terme. Un accord conclu avec l’énergéticien VNG prévoit une hausse des livraisons algériennes vers l’Allemagne à compter du 1er janvier 2027.
Source : Eurostat (Comext), communiqué du 25 mars 2026 pour 2025 et mise à jour de septembre 2026 pour le 2e trimestre 2026. Part de chaque pays dans les importations de gaz naturel à l’état gazeux de l’UE, en valeur. « Autres » est calculé par différence, Azerbaïdjan compris.
Une production en recul, une demande intérieure en hausse
Cette demande se heurte aux capacités de l’offre algérienne. En 2025, la production nationale de gaz a reculé pour la troisième année consécutive, à 101,84 milliards de mètres cubes, contre 104,5 milliards un an plus tôt. Dans l’arbitrage entre ses débouchés, Sonatrach privilégie les livraisons par gazoduc vers l’Italie et l’Espagne, adossées à des contrats de long terme indexés, au détriment du GNL, plus exposé aux fluctuations des prix spot. Les expéditions algériennes de GNL ont ainsi reculé de 6,5 % au premier semestre 2026, à 4,47 millions de tonnes.
Le marché intérieur pèse lourdement sur les disponibilités. Il absorbe près de la moitié de la production nationale, et la demande des centrales électriques poursuit sa progression. Chaque volume supplémentaire exporté vers l’Europe réduit d’autant la marge disponible pour couvrir la consommation locale.
Sur le plan budgétaire, la hausse des cours produit des effets limités. Dans son communiqué du 21 septembre, le Fonds monétaire international retient un prix moyen du baril algérien de 92,6 dollars en 2026, nettement supérieur aux 60 dollars inscrits dans la loi de finances 2026. Le déficit budgétaire resterait néanmoins à 9,6 % du PIB cette année. Le Fonds recommande de mettre à profit la conjoncture pétrolière pour reconstituer les marges de manœuvre budgétaires.
L’économiste Abdelrahmi Bessaha, ancien conseiller au FMI, avait estimé à 3,8 milliards de dollars au plus le supplément de recettes associé à un baril à 85 dollars. Il qualifie le choc de 2026 de « répit limité et temporaire, non une stratégie de développement ».
Sept blocs sur la table d’Alnaft
Les pouvoirs publics misent sur le développement de l’amont pour desserrer cette contrainte. Lors de l’édition 2025 du NAPEC, le ministre d’État Mohamed Arkab avait annoncé que 80 % des projets énergétiques de la période 2025-2029 seraient consacrés à l’exploration et à la production.
L’Algeria Bid Round 2026, lancé le 19 avril par Alnaft, en constitue le prolongement. Il met en concurrence sept blocs d’exploration répartis sur cinq bassins sahariens, d’Illizi à Berkine, sous le régime de la loi 19-13 de décembre 2019. Pour la première fois, les données géologiques et géophysiques sont accessibles à distance, dans des salles de données virtuelles gérées par Exalt, coentreprise d’Alnaft et de SLB. Le précédent appel d’offres avait abouti à l’attribution de cinq périmètres sur six, notamment à Eni, TotalEnergies, Sinopec et QatarEnergy, pour 606 millions de dollars d’investissements minimaux.
Le salon d’Oran intervient dans la dernière ligne droite de la procédure. Les sessions de clarification avec Alnaft s’achèvent le 31 octobre, les offres sont attendues le 26 novembre et les contrats doivent être signés avec Sonatrach au plus tard le 31 janvier 2027. À la clôture du NAPEC, le 7 octobre, les compagnies disposeront de sept semaines pour finaliser leurs offres.


