Accord Washington-Téhéran : le Brent perd 4,5 % dès l’ouverture et retombe à 83 dollars

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Drapeaux des États-Unis et de l'Iran. (DR)

Après trois mois et demi d’un conflit qui avait fait du détroit d’Ormuz l’épicentre du risque mondial, Washington et Téhéran ont annoncé le 14 juin être parvenus au texte d’un accord de paix. Les marchés pétroliers ont répondu sans attendre.

Vers 6h45 GMT lundi, le Brent de la mer du Nord pour livraison en août cédait 4,50 % à 83,40 dollars. Le WTI américain perdait 5,11 % à 80,54 dollars. Le baril avait clôturé vendredi à 87 dollars, lui-même en recul de 3,37 % sur la seule séance du 12 juin, première journée où les espoirs de cessez-le-feu avaient commencé à filtrer. Les marchés avaient alors décidé, selon l’expression d’un analyste, que la guerre était finie.

En effet, le détroit d’Ormuz, par où transite ordinairement un cinquième du pétrole brut mondial, était largement paralysé depuis le déclenchement du conflit fin février, entraînant une flambée des cours de l’or noir. La réouverture promise de cette voie maritime enclenche le détricotage de la prime de risque accumulée sur l’énergie, et avec elle une remise en cause du scénario inflationniste qui pesait sur l’épargne européenne.

Que le pétrole coule à flots

«L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé», a écrit Donald Trump sur Truth Social quelques minutes après l’annonce du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé des pourparlers. Trump y autorisait «pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage» et la «levée immédiate du blocus naval américain».

Ce que l’accord contient précisément reste à établir. Le texte n’a pas été rendu public. Les négociations proprement dites s’ouvriront dans un délai de soixante jours sur quatre points : levée des sanctions, dossier nucléaire, reconstruction économique et mécanisme de vérification des engagements. Selon l’agence iranienne Mehr, le document prévoirait le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs gelés, dont la moitié avant l’ouverture des pourparlers. Chiffre non confirmé officiellement.

Une cérémonie de signature est prévue le 19 juin à Genève. Le vice-président JD Vance a confirmé sa présence, la participation de Trump restant «possible» selon ses équipes.

L’Algérie face à la fin de la rente de guerre

Pour l’Algérie, le tableau est plus nuancé. Les recettes pétrolières avaient bondi de 455 millions de dollars sur le seul mois de mars 2026, portées par un effet prix foudroyant : le Saharan Blend était passé d’une moyenne de 70,66 dollars au premier bimestre à plus de 104 dollars en mars. Une rente de guerre que la paix efface méthodiquement. Les hydrocarbures représentent 92 % des exportations algériennes et 43 % des recettes de l’État. La politique tarifaire de Sonatrach, construite sur un Brent durablement élevé, devra s’ajuster.

Un bémol, et il compte. L’Iran pourrait chercher à imposer un droit de passage dans le détroit d’Ormuz, ce qui modérerait sensiblement l’optimisme affiché ce matin. Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf avait averti vendredi : «Les engagements pris doivent être des engagements tenus.» Trump, de son côté, avait accusé Téhéran dès le week-end de faire circuler «des termes qui n’ont rien à voir avec ce dont nous sommes convenus par écrit».

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