Sahara Blend : le pétrole algérien flambe en août

Le pétrole algérien a grimpé de 12,6 % en août, la plus forte progression parmi les bruts arabes du panier de l'Opep. Une flambée qui doit tout à la guerre entre Washington, Israël et l'Iran, alors que le baril de Brent dépasse ce jeudi les 105 dollars.

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Un opérateur de Sonatrach-RPC en poste sur les installations de raffinage. ©Sonatrach
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94,32 dollars le baril, c’est le prix moyen du Sahara Blend en août, en hausse de 12,6 % sur juillet, selon le rapport mensuel de l’Opep publié ce jeudi 10 septembre. Aucun brut arabe du panier de référence n’a fait mieux sur un mois. L’Algérie retrouve la première place qu’elle occupait déjà en avril, à plus de 133 dollars le baril, avant de la perdre avec le reflux des tensions sur le détroit d’Ormuz.

Le Brent a progressé de 5 % en moyenne mensuelle, à 88,08 dollars le baril. Le WTI américain a suivi, avec une hausse de 4 %, à 82,45 dollars. Le panier Opep grimpe lui aussi, de 82,99 à 86,44 dollars, soit 4 % de plus qu’en juillet.

La guerre, pas le marché

Les chiffres d’août sont déjà de l’histoire ancienne. Ce jeudi, en cours de séance, le Brent pour livraison en novembre dépasse 105 dollars le baril. Le WTI franchit les 100 dollars. Le marché pétrolier tourne au rythme de la guerre en Iran, qui oppose Téhéran aux forces américaines et israéliennes depuis des mois. Attaques sur des pétroliers. Frappes sur des infrastructures. Menaces sur le détroit d’Ormuz. Cette semaine encore, des rebelles houthis soutenus par l’Iran ont visé des installations énergétiques en Arabie saoudite, forçant l’arrêt de certaines opérations.

Dans ce climat, sept bruts arabes sur huit ont progressé en août. Un seul brut recule, l’Arabian Light saoudien, de 1,6 %, à 86,52 dollars. Le Murban émirati, lui, grimpe de 15 %, à 90,96 dollars, la deuxième performance du mois. Une performance à souligner pour un brut qui n’appartient officiellement plus à l’organisation. Les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’Opep et de l’Opep+ dès le 1er mai 2026, sur fond de tensions avec Ryad sur les quotas. Mais le règlement interne de l’organisation ne reconnaît un départ qu’à la clôture de l’exercice budgétaire, ce qui explique que le Murban reste comptabilisé dans les statistiques mensuelles jusqu’à la fin de l’année.

Le podium se complète avec le libyen Es-Sider, à 91,37 dollars (+10 %), suivi du Basra Medium irakien, à 82,04 dollars (+5 %), et du brut d’exportation koweïtien, quasi stable à 82,78 dollars (+1 %). Le classement du mois tient en une phrase, l’Algérie devant la Libye, les Émirats, l’Arabie saoudite, le Koweït et l’Irak.

Un budget qui encaisse le choc

La prime du Sahara Blend ne tient pas qu’à la conjoncture. L’Algérie a produit 999 000 barils par jour en août, contre 995 000 en juillet. Elle fait partie des sept pays de l’alliance Opep+, avec l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan et Oman, qui accélèrent la sortie des réductions volontaires de 1,65 million de barils par jour engagées depuis mai 2023. Un relèvement supplémentaire de 188 000 barils par jour est entré en vigueur en septembre, avant une pause décidée pour octobre.

Pour le Trésor algérien, l’écart compte plus que le niveau. La loi de finances 2026 table sur une hypothèse prudente de 60 dollars le baril, largement en dessous des cours d’août. Chaque dollar de prime au-dessus de ce seuil grossit les recettes d’exportation de Sonatrach, dans un budget où les hydrocarbures restent la première source de devises du pays.

Hors panier Opep, même tendance. Le pétrole omanais bondit de 13,4 % en août, à 87,88 dollars, contre 77,52 dollars en juillet. Le Dubaï grimpe de 13,6 %, à 87,71 dollars, contre 77,18 dollars le mois précédent.

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