Fort de 100 millions de dollars de contrats en Afrique du Nord, NESR lorgne le schiste algérien

4 min de lecture
Un technicien NESR sur une installation de services pétroliers. Le groupe emploie plus de 7 000 personnes dans 16 pays. ©NESR

Sonatrach engage ses premières négociations sur le gaz de schiste avec les majors américaines. NESR, 800 employés en Algérie et 100 millions de dollars de contrats en Algérie et en Libye, s’y positionne.

«Notre meilleure ressource est le gaz de schiste.» Ferhat Ounoughi, vice-président exécutif de Sonatrach chargé du développement et du marketing, avait lâché cette formule à l’African Energy Week 2025.

Les troisièmes réserves mondiales, une large portion techniquement récupérable, et un constat qui résume l’équation algérienne : «Une grande partie des équipements nécessaires est importée et, les coûts étant un élément clé, il est essentiel de fabriquer localement.» Samir Bekhti, président de l’ALNAFT, chiffrait au même forum le potentiel à plus de 700 000 milliards de pieds cubes de ressources non risquées.

Le mouvement est engagé. Sonatrach négocie directement avec ExxonMobil et Chevron sur les bassins d’Ahnet et de Berkine, et a signé un accord avec Sinopec sur une zone à fort potentiel de schiste. CNPC et CNOOC ont mobilisé des flottes de fracturation dans les bassins d’Illizi et de Ghadames, avec des structures de coûts forgées sur les chantiers asiatiques. Le modèle de contrat à risque-service, qui rémunère le prestataire à la performance sans lui transférer de part de production, reste la norme imposée par Sonatrach.

«Bien positionné pour soutenir le développement non conventionnel»

National Energy Services Reunited (NESR, Nasdaq), prestataire de services pétroliers fondé en 2017 par Sherif Foda, ancien directeur de Schlumberger pour la zone arabique, surveille ce terrain depuis plusieurs trimestres.

En août 2025, le groupe notifiait à ses actionnaires l’attribution de plusieurs contrats de services de production en Algérie et en Libye, pour une valeur totale estimée à plus de 100 millions de dollars, couvrant le tubage enroulé, la cimentation, les services d’azote et la fracturation hydraulique, sur des durées de trois à cinq ans. Le groupe emploie aujourd’hui 800 personnes en Algérie, avec une dizaine de lignes de services actives.

Lors du call du deuxième trimestre 2025, Sherif Foda estimait que la présence du groupe en Algérie «croît» et qu’il est «bien positionné pour soutenir le développement non conventionnel». «La proximité de l’Algérie avec l’Europe et ses infrastructures existantes en font un fournisseur potentiel majeur», avait-il ajouté. Le PDG situe à deux ans le délai pour qu’un écosystème industriel viable se constitue sur place.

Le précédent Jafurah

La thèse repose sur un chantier précis. Fin octobre 2025, NESR remportait auprès d’Aramco un contrat pluriannuel de plusieurs milliards de dollars pour les services de complétion sur le gisement de Jafurah, vitrine du programme saoudien de gaz non conventionnel. Les opérations ont démarré le 1er novembre. Sherif Foda a qualifié ce chantier de «plus grand programme de fracturation non conventionnelle de l’histoire du secteur» lors du call de résultats du quatrième trimestre 2025. Localisation de la chaîne d’approvisionnement, compression des coûts de fracturation : la direction présente ce modèle comme transposable en Algérie.

Les résultats annuels 2025 donnent la mesure des ambitions. Chiffre d’affaires de 1,324 milliard de dollars, free cash flow de 120,8 millions de dollars représentant 43 % de conversion de l’EBITDA ajusté. En mars 2026, de nouveaux contrats de cimentation au Koweït et en Afrique du Nord portaient à environ 300 millions de dollars les attributions récentes sur la région. Le directeur financier Stefan Angeli a qualifié 2026 de «meilleure année de croissance» de l’histoire du groupe, avec un objectif de run-rate annualisé de deux milliards de dollars à fin d’exercice.

Partager cet article