Emmanuel Macron a dit espérer, dimanche 10 mai à Nairobi, que la récente visite de sa ministre déléguée Alice Rufo à Alger marque « le début » d’une « reprise » des relations entre Paris et Alger. « J’espère que c’est le début d’une progression et d’une reprise », a déclaré le chef de l’État français lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale kényane, à la veille de l’ouverture du sommet « Africa Forward ». Il faisait référence au déplacement de la ministre déléguée aux Armées à Alger, vendredi et samedi, geste symbolique perçu comme un premier pas vers une normalisation après près de deux ans de profonde crise diplomatique entre les deux capitales.
Le président français n’a pas hésité à pointer les « postures de politique intérieure » adoptées ces derniers mois de part et d’autre de la Méditerranée, regrettant qu’elles aient « causé beaucoup de tort » tant à la France qu’à l’Algérie. Une allusion à peine voilée à la droite et à l’extrême droite françaises, qui ont fait du dossier algérien un marqueur identitaire central à l’approche de la présidentielle de 2027.
« Une relation respectueuse des deux côtés »
« Je considère que mon devoir est de défendre les intérêts des Françaises et des Français. Ces intérêts exigent que nous retrouvions une relation apaisée, constructive, avec l’Algérie », a poursuivi Emmanuel Macron, estimant que cette relation « doit être respectueuse des deux côtés, mais elle doit permettre d’apporter des solutions sur tous les sujets ».
Les propos interviennent au lendemain de l’audience accordée par le président Abdelmadjid Tebboune à Alice Rufo, samedi à Alger, en présence de l’ambassadeur de France Stéphane Romatet, de retour à son poste après plus d’un an d’absence. Porteuse d’un message écrit du président français, la ministre déléguée a établi avec les autorités algériennes une feuille de route destinée à « intensifier » la coopération bilatérale, notamment dans les domaines sécuritaire, militaire, migratoire et judiciaire. La veille, elle s’était rendue à Sétif pour commémorer les massacres du 8 mai 1945, évoquant « une page très douloureuse » de l’histoire commune.
Un sommet économique à Nairobi
La conférence de presse précédait l’ouverture, lundi 11 et mardi 12 mai, du sommet « Africa Forward : Partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance », coprésidé par Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto. Premier rendez-vous du genre organisé dans un pays anglophone, l’événement réunit une trentaine de chefs d’État africains et environ 1 500 acteurs économiques. La feuille de route porte sur la réforme de l’architecture financière internationale, la transition énergétique, l’industrialisation verte, l’intelligence artificielle, l’agriculture durable et la santé.


