Sansal avait été recruté par le groupe Hachette au prix d’une avance de 1 million d’euros, à laquelle s’est ajoutée une campagne de communication évaluée à 500 000 euros. Le tirage initial s’élève à 130 000 exemplaires.
Un “accident industriel”
Malgré ces moyens, les ventes de la première semaine n’ont atteint qu’environ 15 000 exemplaires, un niveau jugé très faible au regard de l’investissement. Le Canard estime que « ne pas vendre les 130 000 exemplaires imprimés relèverait de l’accident industriel ». L’hebdomadaire compare également ce lancement à celui du Journal d’un prisonnier de Nicolas Sarkozy, qui avait dépassé les 90 000 ventes en une semaine, évoquant une « comparaison cruelle ».

La réception en librairie confirme les difficultés. Le livre n’est présent que dans un peu plus de la moitié des points de vente, un taux inhabituellement bas pour un tirage de cette ampleur. Dans plusieurs librairies indépendantes, notamment dans les zones politiquement marquées à gauche, l’ouvrage n’est proposé que sur commande. À l’inverse, les meilleures ventes se concentrent dans l’ouest parisien, à Nice et à Toulon. Le soutien public de Boualem Sansal à Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, semble avoir contribué à polariser l’accueil du livre.
Des erreurs éditoriales ont également été relevées. Le Canard signale des coquilles dans le texte, y compris sur des noms sensibles comme celui du journaliste Christophe Gleizes, ou celui de l’ambassadeur Stéphane Romatet. L’hebdomadaire y voit la conséquence d’une relecture trop rapide et rappelle qu’Olivier Nora, patron historique de Grasset, plaidait pour une sortie à l’automne afin de retravailler le manuscrit.
Selon Le Canard, les perspectives commerciales du livre sont désormais limitées, l’hebdomadaire estimant que « l’espoir d’un succès massif s’éloigne déjà ».


