Il était l’un des hommes clés d’Abdelmadjid Tebboune. Boualem Boualem, directeur de cabinet de la Présidence de la République, est décédé ce lundi à Genève, en Suisse, où il était hospitalisé. La Présidence de la République a annoncé sa disparition dans un communiqué laconique, sans donner davantage de précisions sur sa maladie ni sur la durée de son hospitalisation.
« La Présidence de la République annonce le décès de M. Boualem Boualem, directeur de cabinet de la Présidence de la République, survenu aujourd’hui dans un hôpital de Genève, en Suisse, où il recevait des soins, des suites d’une maladie (…) Que Dieu accorde Sa miséricorde au défunt et lui accorde une vaste demeure au Paradis. A Dieu nous appartenons et à lui nous retournons», indique le texte.
La disparition de Boualem Boualem intervient alors que son absence de la scène publique, depuis plusieurs mois, avait suscité de nombreuses interrogations et alimenté des spéculations sur son avenir au sommet de l’État.
Du conseiller de Tebboune au directeur de cabinet
Boualem Boualem était arrivé au premier cercle présidentiel en octobre 2023, lorsque Abdelmadjid Tebboune l’avait nommé conseiller auprès du président, chargé des affaires juridiques et judiciaires, des relations avec les institutions, des enquêtes et des habilitations.
Quelques semaines plus tard, le départ de Nadir Larbaoui vers le gouvernement, où il avait été nommé Premier ministre, allait précipiter son ascension. Le 11 novembre 2023, Boualem Boualem fut chargé d’assurer l’intérim de la direction de cabinet de la Présidence. Il sera officiellement confirmé à ce poste par décret présidentiel du 2 janvier 2024, publié au Journal officiel.
Son parcours était toutefois beaucoup plus ancien. Magistrat de formation, il avait exercé plusieurs fonctions dans l’appareil judiciaire avant de devenir conseiller à la Cour suprême. Il avait également dirigé l’organe national chargé de la prévention et de la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication.
Très peu de choses filtrent cependant sur son parcours universitaire ou sur son obédience politique.
En mars 2024, ses prérogatives s’étaient encore élargies avec sa désignation à la tête de la Haute commission nationale des recours liés à l’investissement, une structure chargée d’examiner les recours liés aux projets d’investissement. Cette fonction s’ajoutait à celle de directeur de cabinet de la Présidence.
Un homme réputé puissant, mais profondément discret
À El Mouradia, Boualem Boualem avait fini par acquérir une réputation d’homme de dossiers. Son profil de magistrat, sa connaissance de l’appareil administratif et judiciaire et sa proximité avec le chef de l’État lui avaient conféré une place particulière dans le dispositif présidentiel.
Son influence était régulièrement commentée dans les milieux politiques et médiatiques, certains lui attribuant de larges prérogatives. Ces appréciations relevaient cependant davantage des observations et des commentaires sur les coulisses du pouvoir que de fonctions officiellement définies.
L’homme, lui, cultivait la discrétion. Peu présent dans les médias, rarement exposé publiquement, il était à l’opposé des responsables politiques qui cherchent à occuper l’espace médiatique. Ses apparitions publiques étaient essentiellement liées à ses fonctions officielles.
Il s’était néanmoins retrouvé ponctuellement en première ligne. En janvier 2026, Tebboune l’avait chargé de présider une conférence nationale consacrée aux projets d’amendement technique de la Constitution et de la loi organique relative au régime électoral. Boualem Boualem avait alors présenté les textes et répondu aux questions de la presse.
Il était également présent auprès du président lors de plusieurs rencontres diplomatiques, notamment lors de la réception du haut conseiller du président américain pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient, Massad Boulos, le 27 janvier 2026.
Une disparition qui avait alimenté les spéculations
Puis, progressivement, Boualem Boualem s’est fait beaucoup plus rare.
Sa dernière activité officielle connue remonte au 22 avril 2026, lorsqu’il s’était entretenu à Alger avec le directeur de cabinet du président tchadien ainsi qu’avec le ministre tchadien des Finances.
À partir de cette date, son absence des principales activités présidentielles a été remarquée. Des médias ont relevé qu’il n’apparaissait plus dans les séquences officielles où sa présence était auparavant habituelle. Cette absence a rapidement nourri des interrogations, certains allant jusqu’à évoquer une possible mise à l’écart ou une disgrâce.
Les spéculations avaient d’autant plus de prise que le décret présidentiel d’octobre 2025 mettant fin à ses fonctions de conseiller auprès du président avait déjà été interprété par certains observateurs comme le signe d’une réduction de son influence. Il avait toutefois conservé son poste de directeur de cabinet et continuait donc officiellement à occuper une fonction centrale au sein de la Présidence.
Aucune annonce officielle n’était venue confirmer une quelconque disgrâce.
Sa disparition de la scène publique devait finalement s’expliquer par des raisons médicales. La Présidence indique aujourd’hui qu’il était soigné à Genève.


