SoutH2 Corridor, qui financera ? L’ambassadeur de l’UE détaille une piste

Signé à Alger le 1er octobre, le SoutH2 Corridor n'a pas vu son financement tranché. Au NAPEC, l'ambassadeur de l'UE, Diego Mellado, détaille une piste déjà effleurée en mai, le recours aux institutions financières européennes, sous réserve d'un partenariat avec Alger.

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Diego Mellado, ambassadeur de l'Union européenne en Algérie, au stand de l'UE lors du NAPEC 2026, à Oran.

Pour Diego Mellado, l’Algérie réunit les conditions pour tenir un rôle de premier plan dans le développement de l’hydrogène vert, grâce à sa position stratégique, à ses infrastructures et à son expérience dans le secteur de l’énergie. Il juge le SoutH2 Corridor « essentiel et important », et estime que l’acheminement de l’hydrogène vert vers l’Europe soutiendrait la transition énergétique et renforcerait le partenariat entre Alger et l’Union européenne.

Le diplomate s’exprime à l’occasion du NAPEC, à Oran, qui s’est ouvert lundi 5 octobre. L’Union européenne y participe pour la première fois avec un pavillon commun, ce qui reflète, selon lui, l’importance du partenariat énergétique « fort et stratégique » qui la lie à l’Algérie.

Ce partenariat passe notamment par le corridor, long de quelque 3 300 kilomètres, qui doit relier l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne en s’appuyant largement sur des gazoducs reconvertis. Réunis à Alger le 1er octobre, les ministres de l’Énergie de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne ont signé une déclaration qui prévoit un secrétariat technique dédié, appuyé par l’ONUDI. Le ministre algérien, Mourad Adjal, y a annoncé le lancement de l’étude de faisabilité d’ALTEH2A, dont les premiers résultats sont attendus en 2027.

Qui financera le corridor ?

Le point n’a pas été tranché à Alger. Le coût du corridor reste à chiffrer et rien n’a été annoncé sur la manière de le financer. La seule allusion vient du ministre italien Gilberto Pichetto Fratin, qui a rappelé que des études de faisabilité bénéficient notamment de fonds européens, rapporte l’agence AGI, sans citer de montant. L’étude d’ALTEH2A doit justement établir le coût et les sites de production, et les décisions d’investissement dépendront de ses données de 2027. La déclaration pose un cadre politique sans fixer de calendrier d’investissement. À Tunis, le ministre Salah Zouari a appelé à passer à des projets concrets, évaluables et susceptibles d’être financés.

C’est sur ce terrain que l’ambassadeur avance. Le sujet avait déjà été effleuré en mai, lors du point presse qu’il a tenu après la visite à Alger de la commissaire européenne Dubravka Šuica, sans que les outils ni le projet visé soient précisés.

Cette fois, Diego Mellado entre dans le détail. Pour lui, « ce projet ne se réalisera que si les investissements sont au rendez-vous », et « sans investissements, on ne pourra pas arriver à mettre en place ce corridor ». Il rappelle que l’Europe dispose de ce qu’il appelle « la banque du climat », la Banque européenne d’investissement, « la banque multilatérale la plus importante au monde pour le changement climatique ».

Il évoque « toute une batterie d’instruments financiers et de soutien », qui permettent « la bonification des taux d’intérêt » et de « subventionner jusqu’à 100 % tout ce qui est études techniques ». À notre connaissance, aucun de ces instruments n’avait été évoqué à Alger.

Le corridor est-il concerné ? Reconnu par la Commission européenne comme projet d’intérêt commun, il est éligible aux financements européens. Un seul financement européen chiffré circule pour l’instant, les 24 millions d’euros obtenus en 2025 par le réseau d’hydrogène de Snam, en Italie, pour des études techniques et des travaux préparatoires. Rien de comparable n’est annoncé pour la partie algérienne.


De notre envoyée spéciale à Oran : Lynda NACER

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