L’Algérie vient de fixer officiellement les missions, la composition et le fonctionnement du Conseil national de la mécanisation agricole. Le décret exécutif n° 26-296 du 22 septembre 2026, publié au Journal officiel n° 69 du 28 septembre, met en place un cadre national destiné à mieux coordonner la politique de mécanisation agricole.
Placée sous l’autorité du Premier ministre ou du chef du Gouvernement, selon le cas, l’instance est chargée de proposer au Gouvernement la stratégie nationale de mécanisation agricole et de suivre sa mise en œuvre.
Le Conseil doit notamment proposer une feuille de route à moyen terme, déclinée en plans d’action opérationnels. Il doit également assurer la coordination entre les différents intervenants dans le domaine de la mécanisation agricole.
Le décret lui confie aussi la mission de proposer des mesures destinées à faciliter l’accès des agriculteurs aux équipements modernes. Il peut également préconiser des mesures incitatives en faveur des coopératives agricoles pour l’acquisition du matériel, ainsi que le développement des réseaux de maintenance, de réparation et de formation.
Autre priorité : améliorer la compétitivité et la productivité des exploitations agricoles. Le Conseil devra notamment encourager la mécanisation intelligente et connectée, définir des normes d’utilisation du matériel agricole et soutenir les start-up actives dans la mécanisation agricole et l’agriculture de précision.
Le texte prévoit par ailleurs la promotion de la fabrication locale d’équipements adaptés aux conditions agricoles et climatiques de l’Algérie. La disponibilité des pièces de rechange, les capacités de maintenance ainsi que la formation des techniciens et des utilisateurs du matériel figurent également parmi les dossiers suivis.
Une composition qui réunit plusieurs secteurs
La composition du Conseil traduit cette volonté de coordination. Présidé par le Premier ministre ou le chef du Gouvernement, il comprend un représentant du ministère de la Défense nationale ainsi que les ministres chargés de l’Intérieur, des Finances, de l’Enseignement supérieur, de l’Industrie, de l’Agriculture, du Commerce extérieur, du Commerce intérieur, des Start-up, de la Formation professionnelle et de l’Hydraulique.
S’y ajoutent le directeur général de l’Agence spatiale algérienne, le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, le directeur général de l’OAIC, le président de la Chambre nationale d’agriculture et le secrétaire général de l’UNPA.
Le Conseil comprend également cinq représentants des agriculteurs et professionnels, trois opérateurs économiques liés à la mécanisation agricole et deux représentants de la communauté des chercheurs et scientifiques.
Deux comités d’experts et un suivi numérique
Pour appuyer ses travaux, le Conseil dispose de deux structures : un comité d’ingénierie agricole, associant notamment utilisateurs, fabricants et représentants des secteurs de la Défense et de l’Industrie, et un comité des experts seniors, chargé de mettre à profit l’expérience pratique de professionnels et d’agriculteurs.
Le Conseil se réunit au moins deux fois par an et autant que nécessaire. Une plateforme numérique est également prévue pour suivre ses activités. Un rapport annuel doit enfin être transmis au président de la République.
La création de cette instance s’inscrit dans les orientations du président Abdelmadjid Tebboune. Le Gouvernement avait indiqué en juillet que le projet de décret répondait aux orientations présidentielles et visait à développer la mécanisation, moderniser les exploitations, améliorer la productivité et renforcer la souveraineté alimentaire.
Le Conseil national de la mécanisation agricole doit ainsi servir de cadre de coordination entre l’État, les agriculteurs, les professionnels, les industriels, les chercheurs et les acteurs financiers, avec pour objectif de moderniser l’agriculture algérienne et renforcer sa capacité de production.


