SoutH2 Corridor : avec la Déclaration d’Alger, l’Europe fait le plein de promesses vertes

Réunis jeudi à Alger, les ministres de l'Énergie de cinq pays ont signé une déclaration commune en faveur du SoutH2 Corridor, assortie d'un secrétariat appuyé par l'ONUDI. Le tracé, le coût et le financement de l'ouvrage restent à arrêter.

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Les ministres de l'Énergie de l'Algérie, de la Tunisie, de l'Italie, de l'Autriche et de l'Allemagne, jeudi au Centre international des conférences d'Alger, après la signature de la Déclaration ministérielle sur le SoutH2 Corridor. ©Télévision algérienne

Les ministres de l’Énergie de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne ont signé ce jeudi 1er octobre la Déclaration ministérielle d’Alger, au terme de la deuxième réunion des pays partenaires du SoutH2 Corridor. Le texte prévoit un secrétariat dédié, chargé de coordonner l’action des gouvernements et l’implication du secteur privé, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Les signataires s’engagent aussi à associer gestionnaires de réseaux, régulateurs, institutions financières, producteurs et acheteurs.

Signe du poids politique accordé au dossier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu dans la journée les ministres de l’Énergie de l’Autriche, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Tunisie. L’audience s’est tenue en présence de Brahim Merad, ministre d’État chargé de l’Inspection générale des services de l’État et des collectivités locales, d’Ammar Abba, conseiller du président de la République chargé des affaires diplomatiques, et de Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables.

La rencontre prend le relais de celle de Rome, en janvier 2025. Le corridor doit acheminer 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, soit 10 % de la demande européenne attendue en 2040, en reconvertissant pour l’essentiel des gazoducs existants. Alger table de son côté sur 1,2 million de tonnes produites en 2040, dont 75 % à l’export.

Un projet encore suspendu aux études

La déclaration pose un cadre politique, pas un calendrier d’investissement. Le tronçon tunisien n’a pas de tracé arrêté, le coût global n’est pas chiffré publiquement et les financements restent à réunir, malgré l’éligibilité aux fonds européens que confère le statut de projet d’intérêt commun. La reconversion des conduites suppose en outre de nouvelles stations de compression et de comptage.

Le chantier industriel repose sur l’alliance ALTEH2A, qui associe Sonatrach, Sonelgaz, VNG, Snam, SeaCorridor et Verbund depuis le protocole du 14 octobre 2024. Mourad Adjal a annoncé jeudi le lancement de son étude de faisabilité, qui doit désigner les sites de production, évaluer les coûts et comparer les options de transport. Les ministres ont également fait le point sur l’alliance des acheteurs, censée garantir une demande stable, condition de tout engagement de volumes à long terme.

Les premiers résultats de l’étude sont attendus en 2027. D’ici là, le SoutH2 reste un engagement politique, que seules des décisions finales d’investissement transformeront en infrastructure.

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