Transition énergétique : « plus d’énergie » d’abord, « progressivement » plus propre, dit l’APPO au NAPEC 2026

Pour Farid Ghezali, la transition « ne peut pas commencer par la soustraction » mais « par l'addition », c'est-à-dire plus d'accès, de réseaux, de raffinage et d'industrie locale, puis des procédés « progressivement » plus propres. Le secrétaire général de l'APPO s'engage cependant à réduire dès maintenant le torchage et les émissions de méthane.

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Farid Ghezali, secrétaire général de l'APPO, à la tribune du NAPEC 2026, à Oran, le 5 octobre. ©AL24News

La 14e édition du NAPEC se tient jusqu’au 7 octobre au Centre des conventions Mohamed-Benahmed d’Oran, avec plus de 450 exposants et 230 intervenants, sur le thème « de la transition énergétique à l’addition énergétique ». Farid Ghezali, nommé secrétaire général de l’APPO pour 2026-2028, y a parlé « depuis l’Algérie, au nom d’une organisation africaine », celle des dix-huit États membres, et a demandé comment donner aux peuples africains l’énergie nécessaire « pour vivre, apprendre, produire, innover et prospérer ».

Le développement dont il parle passe d’abord par l’accès. Il cite un enfant qui a besoin de lumière pour étudier, un hôpital qui a besoin d’électricité fiable, un agriculteur qui irrigue et une usine qui ne peut créer d’emplois sans énergie abordable. L’énergie est donc, selon lui, « un impératif de développement », mais aussi « la dignité, la compétitivité, la souveraineté ». Il y ajoute une « transformation industrielle qui exigera des investissements considérables ».

Accès d’abord, procédés plus propres « progressivement »

Sur l’ordre des priorités, Farid Ghezali affirme que « l’ambition climatique ne durera que si elle s’accompagne d’une ambition de développement », et qu’on ne peut pas « bâtir des systèmes énergétiques plus propres en laissant des millions d’Africains en dehors du système énergétique ». La transition, a-t-il dit, « doit commencer par l’addition » : plus d’accès, des réseaux plus fiables, plus de raffinage et de stockage, plus de compétences, d’industrie locale et de financements africains, et « progressivement » des façons plus propres et plus efficaces de produire et d’utiliser l’énergie. Il y voit non un rejet de la transition, mais « la condition pour qu’elle soit juste, crédible et durable ».

L’Afrique, a-t-il ajouté, ne peut pas « importer un parcours énergétique conçu pour des économies aux niveaux d’accès, d’infrastructure, de capital et d’industrialisation différents », et chaque pays doit pouvoir avancer « selon ses circonstances, ses ressources et ses priorités de développement ». L’APPO préconise un mix « large, équilibré et pragmatique ». Le pétrole et le gaz gardent un rôle stratégique pour de nombreux membres « lorsqu’ils sont produits de manière responsable et transformés intelligemment », le gaz pouvant servir à l’électricité, à la cuisson propre et à l’industrialisation, et les renouvelables doivent croître rapidement « parce que l’Afrique possède un potentiel exceptionnel ». « La vraie question n’est pas pétrole et gaz ou renouvelables », a-t-il dit.

Le secrétaire général ne laisse pas pour autant les émissions de côté. « Notre objectif n’est pas de défendre les émissions, il est de défendre le développement tout en réduisant les émissions de manière responsable », a-t-il déclaré. Il a énuméré ce que l’APPO « doit » faire, à savoir réduire le torchage et les émissions de méthane, améliorer l’efficacité et moderniser les infrastructures, et déployer des technologies plus propres « partout où elles sont techniquement et économiquement viables ».

Pour financer cette trajectoire, il compte sur la coopération entre membres, le contenu local, des chaînes de valeur africaines et une capacité financière africaine, dont la Banque africaine de l’énergie fait partie. L’Afrique ne peut atteindre une « véritable souveraineté énergétique » si le financement de ses projets stratégiques dépend largement de décisions prises ailleurs, a-t-il affirmé. Mais « nous avons besoin de partenaires internationaux », dans un partenariat « d’une nouvelle qualité », avec transfert de connaissances et des financements qui « évaluent le risque équitablement ». « L’Afrique ne demande pas la charité, elle présente une opportunité », a-t-il lancé, en citant un marché vaste, une population jeune, des ressources abondantes et une demande en hausse.

Le même jour, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a affirmé que l’« addition » se mesure « dans les solutions, les investissements, les infrastructures, les technologies et les compétences », et non « dans les discours ». Pour l’Algérie, la transition doit être « graduelle et responsable ». Sonatrach vise la fin du torchage de routine et des émissions de méthane proches de zéro d’ici 2030, et le seul résultat chiffré, selon Maghreb Émergent, est une baisse de 25 % des volumes torchés entre 2020 et 2024. Le pays figure par ailleurs parmi les meilleures performances mondiales en matière de torchage.


De notre envoyée spéciale à Oran : Lynda NACER

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