Iran-USA : la tension militaire fait flamber le pétrole au-dessus de 100 dollars

Le pétrole a rebasculé au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars ce mercredi, une première depuis juillet, sous l'effet de la nouvelle escalade militaire entre Washington et Téhéran. Un mouvement de marché qui remet en tension l'équation budgétaire de plusieurs économies exportatrices, l'Algérie comprise

Maghreb Emergent
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Pétrole

Le Brent a dépassé les 100 dollars le baril ce mercredi 9 septembre, un niveau que le brut de référence international n’avait plus touché depuis le mois de juillet. La hausse fait suite à un nouveau tour de vis militaire entre les États-Unis et l’Iran, deux jours après une frappe américaine ayant détruit cinq pétroliers iraniens.

Selon le commandement central américain (CENTCOM), l’opération de mardi répond à deux tentatives de tir de missiles balistiques contre un navire de guerre américain en autant de jours. Le West Texas Intermediate, référence américaine, évoluait pour sa part autour de 93 à 94 dollars, en repli face au Brent mais en nette hausse sur la semaine.

La séance de mardi avait déjà porté le Brent à un plus haut de six semaines, proche du seuil des 100 dollars, alors que les installations pétrolières saoudiennes d’Aramco ont été visées par de nouvelles frappes selon le Financial Times. L’agence de presse saoudienne a fait état de blessés dans une attaque revendiquée par les rebelles Houthis contre la raffinerie de Jazan, d’une capacité de 400 000 barils par jour, et d’autres installations destinées au marché intérieur.

Le trafic pétrolier continue néanmoins de transiter par le détroit d’Ormuz, avec environ 7 millions de barils par jour de brut et de produits raffinés qui empruntent encore le corridor selon les données citées par Trading Economics. Téhéran évoque un accord avec Oman pour sécuriser un couloir de passage temporaire pour les tankers, tandis que Washington maintient sa présence navale. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a confirmé le maintien du blocus.

Deux facteurs limitent pour l’instant l’ampleur de la flambée. La réserve stratégique américaine est retombée à moins de 290 millions de barils, son niveau le plus bas depuis 1982, réduisant la marge de manœuvre de Washington en cas de nouveau choc. À l’inverse, la Chine a réduit ses importations de brut et ses volumes de raffinage en août, ce qui pèse sur la demande au moment même où l’offre se resserre.

Pour l’Algérie, le mouvement intervient alors que la loi de finances 2026 a été calibrée sur un prix de référence fiscal de 60 dollars le baril et une hypothèse de marché à 70 dollars. Un Brent installé durablement au-delà de 100 dollars dégagerait donc un écart favorable par rapport aux prévisions budgétaires, à condition que la hausse tienne dans la durée et ne s’accompagne pas d’une contraction des volumes exportés, l’un des risques déjà intégrés par le gouvernement pour l’exercice en cours.

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