Entre janvier et décembre 2025, l’Algérie a fourni 34,5 % du gaz arrivé sur le sol espagnol, soit environ 128 500 gigawattheures, contre près de 30 % pour les États-Unis et une part plus modeste pour la Russie, troisième fournisseur du pays, rapporte le quotidien espagnol Ara. La totalité de ce volume transite par le gazoduc sous-marin Medgaz, qui relie directement Béni Saf à Almería depuis 2011.
Cette position, l’Algérie ne l’a pas retrouvée par hasard. Elle l’avait perdue en 2022, quand Alger avait rappelé son ambassadeur à Madrid après le revirement espagnol sur le dossier du Sahara occidental, provoquant une crise diplomatique de plusieurs mois. Sonatrach avait alors revu ses conditions tarifaires avec l’Espagne, sans pour autant interrompre les livraisons contractuelles. Les deux capitales ont depuis renoué le dialogue, et l’Algérie a repris la tête du classement dès 2023.
Le gazoduc Maghreb-Europe, qui traversait le Maroc avant de rejoindre l’Espagne, reste quant à lui fermé depuis novembre 2021, dans le sillage de la rupture des relations entre Alger et Rabat. Medgaz absorbe donc désormais l’intégralité des flux algériens vers l’Espagne, un rôle que le pipeline n’occupait pas seul avant cette date.
Un dialogue relancé sur fond de tensions au Moyen-Orient
Les premiers mois de 2026 confirment la tendance. Enagás a relevé une part algérienne supérieure à 29 % des importations sur janvier-février, avant qu’un pic de livraisons américaines ne fasse brièvement passer les États-Unis en tête en février. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a pour sa part rappelé qu’Alger reste, selon ses propres termes, « la première source d’approvisionnement en gaz naturel » de l’Espagne depuis trois ans.
Naturgy, actionnaire minoritaire de Medgaz aux côtés de Sonatrach, qui en détient 51 %, discute désormais avec Alger d’une hausse de capacité pouvant atteindre 10 %, rapporte Global Banking & Finance Review. La demande intervient alors que le conflit au Moyen-Orient perturbe les marchés gaziers et pousse plusieurs pays à sécuriser leurs approvisionnements auprès de fournisseurs jugés stables. L’entreprise espagnole dispose déjà de contrats portant sur environ 5 milliards de mètres cubes de gaz algérien par an.
D’autres pays figurent parmi les fournisseurs de l’Espagne, à des niveaux nettement inférieurs à ceux de l’Algérie, des États-Unis et de la Russie. Leurs parts respectives n’ont pas pu être recoupées auprès d’une source primaire à l’heure de la publication de cet article.

