C’est une douche froide qu’ont subie des centaines de voyageurs à la veille de l’Aïd El Adha. Alors qu’ils comptaient sur le train rapide Coradia de 8 h 00 pour rallier l’Oranie, de nombreux passagers ont reçu un appel tardif de la SNTF les informant de l’annulation pure et simple de la desserte. Un procédé jugé cavalier pour une liaison pourtant réservée et payée plusieurs jours à l’avance.
Pour ces usagers, ce départ matinal représentait la solution de transport idéale. Bloqués à Alger en raison d’une journée de mardi ouvrable, ils espéraient rejoindre leurs familles à Oran vers 13 h 00, juste à temps pour le sacrifice et les célébrations. En laissant ces passagers sans alternative, la SNTF les contraint à se tourner vers des gares routières saturées ou vers les tarifs prohibitifs des taxis collectifs, en un jour où l’offre de transport s’effondre.
Cette annulation de dernière minute met en lumière, une fois de plus, les défaillances chroniques de la compagnie nationale lors des grands chassés-croisés festifs. Malgré les promesses récurrentes de « plans spéciaux », la réalité du terrain traduit une gestion bureaucratique où le voyageur devient une variable d’ajustement. Réduire l’offre ou céder à la logique du service minimum un matin de fête, sur l’axe ferroviaire le plus rentable du pays, révèle un manque flagrant de considération pour le service public. Une fausse note managériale qui gâche la fête de centaines de familles.

