Pétrole : le Brent recule à 97 dollars

Le baril de Brent cède près de 2 % ce mercredi, au lendemain d'une séance en forte hausse. Le passage de deux supertankers à travers le détroit de Hormuz a suffi à ranimer les espoirs d'une réouverture, mais les analystes tempèrent.

Maghreb Emergent
2 min de lecture

Deux supertankers non iraniens ont franchi le détroit d’Ormuz mardi, pour la première fois en une semaine. Quatre millions de barils de brut non soumis à sanctions ont transité par ce goulet d’étranglement que tout le monde regardait comme définitivement verrouillé. Le marché a fait le reste : le Brent avait bondi de près de 4 % en séance avant de corriger, ce mercredi matin, à 97,70 dollars.

Après des semaines de fermeture effective du détroit, le moindre mouvement de tanker déclenche des arbitrages sur les marchés à terme. Le West Texas Intermediate (WTI), contrat juillet, perdait 2,40 % à 91,64 dollars le baril vers 7 heures du matin GMT.

Sur le papier, c’est ouvert, dans les faits, c’est fermé

Robert Rennie, responsable des études matières premières chez Westpac Banking Corp, résume l’équation avec une précision qui dissipe peu d’illusions. «Les marchés se déplacent sur l’espoir d’un accord avec l’Iran», observe-t-il, «mais nous sommes à des mois, peut-être des trimestres, d’une réouverture complète du détroit.» Le couloir est techniquement fermé, soumis à un double blocus américano-iranien depuis que les hostilités ont repris.

«Jusqu’à ce qu’Ormuz soit effectivement rouvert, et non pas géré sous conditions, rationné politiquement, ou partiellement contourné, les baisses resteront probablement limitées et temporaires», conclut Rennie. Le couloir en question représente en temps ordinaire un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

La séquence diplomatique des derniers jours brouille les repères. Après un cessez-le-feu conclu en avril mettant fin à trois mois de conflit, les deux camps avaient signalé des avancées dans les discussions sur la réouverture du détroit. Mardi, l’Iran a accusé Washington d’avoir violé cette trêve en frappant des cibles à proximité du couloir. Les États-Unis ont qualifié ces frappes de défensives.

À cela s’est ajoutée une escalade israélienne au Liban le même jour, venue interférer avec des pourparlers de paix déjà fragiles.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article