« L’Algérie est un acteur clé dans l’agenda énergétique mondial», selon le secrétaire exécutif de l’OLACDE

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Le secrétaire exécutif de l’OLACDE, Rebolledo Smitmans, à l'issue de sa rencontre avec le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, mardi 21 avril 2026. ©APS

Vingt-trois ans après son adhésion comme membre observateur à l’Organisation latino-américaine et caribéenne de l’énergie (OLACDE), l’Algérie a signé mardi à Alger une feuille de route de coopération avec l’organisation.

Le document, paraphé à l’issue d’une audience accordée par le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, au secrétaire exécutif de l’OLACDE, Andrés Rebolledo Smitmans, fixe un cadre pour des projets conjoints et des échanges d’expertises dans l’exploration, la production et la formation. La visite a également donné lieu à une audience avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en présence d’Arkab et du conseiller chargé des affaires diplomatiques, Amar Abba.

À l’issue de cette rencontre, Rebolledo Smitmans, cité par l’agence presse (APS) a qualifié l’Algérie d’«acteur clé dans l’agenda énergétique mondial», se félicitant de «la consolidation des relations de coopération énergétique entre l’Amérique latine, les Caraïbes et l’Algérie». Il a précisé que les deux parties avaient «identifié plusieurs opportunités dans un contexte énergétique marqué par de nombreux défis et une grande instabilité», citant en particulier l’hydrogène vert et le stockage de l’énergie comme domaines où «nous pouvons progresser ensemble».

Aucun pays latino-américain dans les données d’exportation

En 2024, les cinq premiers importateurs de GNL algérien étaient la Turquie, la France, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Sur 11,62 millions de tonnes exportées cette année-là, aucun volume significatif n’a été achemié vers l’Amérique latine ou les Caraïbes. Selon le bilan 2024 du ministère des Hydrocarbures, 78 % des ventes d’énergie algérienne sont dirigées vers la zone euro, quatre pays concentrant à eux seuls plus de 80 % des flux.

La seule trace commerciale avec la région concerne du pétrole brut et des engrais livrés au Brésil. Entre janvier et avril 2025, les exportations algériennes vers le Brésil ont totalisé 413,8 millions de dollars, dominées par le pétrole brut, suivi des engrais en hausse de 44 % sur un an. La feuille de route signée mardi ne comble pas ce vide par des engagements chiffrés. Elle annonce un «cadre opérationnel» sans préciser ni volumes, ni échéances, ni projets nommés.

La région produit, elle n’importe pas

L’Amérique latine est elle-même en train de devenir exportatrice de GNL. L’Argentine développe un terminal adossé aux réserves de Vaca Muerta, deuxième gisement de gaz de schiste au monde. Le Mexique planifie un projet d’exportation estimé à 54 milliards de dollars. Dans ce contexte, les membres de l’OLACDE ont moins besoin d’acheter du GNL algérien que de trouver des partenaires pour valoriser leurs propres ressources, un terrain sur lequel Sonatrach accumule plusieurs décennies d’expérience dans la liquéfaction et l’exploration en milieu désertique.

C’est précisément ce que Rebolledo Smitmans a mis en avant, en soulignant que le gaz naturel «assure la stabilité des marchés de l’électricité» et «demeure un vecteur essentiel de coopération entre l’Amérique latine, les Caraïbes et l’Algérie». L’OLACDE, qui regroupe 27 pays, entend selon lui «aller de l’avant dans la coopération avec les pays du Sud».

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