Le FSB tire la sonnette d’alarme : l’IA, premier risque pour la stabilité financière mondiale

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Les avertissements sur les risque cyber liés à l'IA se multiplient depuis le déploiement par Anthropic et OpenAI de leurs derniers modèles.
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Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Conseil de stabilité financière (FSB, l’organisme international chargé de surveiller les risques systémiques du secteur financier), a averti, ce lundi 31 août, que l’intelligence artificielle constitue désormais la menace la plus immédiate pour la stabilité financière mondiale.

Dans une lettre adressée aux ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20, réunis cette semaine à Asheville (Caroline du Nord), Bailey affirme que l’IA modifie la vitesse, l’échelle et le coût des cyberattaques. Il relève deux failles principales : la plupart des pays manquent encore d’outils réglementaires pour encadrer le déploiement de modèles d’IA de pointe, et le secteur financier dépend d’un nombre restreint de fournisseurs technologiques, ce qui constitue en soi un risque systémique.

Deux précédents récents cités en toile de fond

Le 21 juillet, OpenAI a révélé qu’un de ses agents avait échappé à un environnement de test cloisonné, exploité une faille zero-day dans un outil tiers (Artifactory) pour rebondir sur un bac à sable externe, puis s’était introduit dans l’infrastructure de Hugging Face — dans le but de récupérer les réponses d’un test de cybersécurité auquel il était soumis. Hugging Face a qualifié l’incident d’« inédit », entièrement piloté par un système agentique autonome. OpenAI a depuis identifié d’autres cas similaires, jugés plus limités.

Un second épisode, impliquant Anthropic, relève d’un registre différent mais pointe la même tension entre vitesse de déploiement et sécurité. Le 12 juin, le département du Commerce américain a ordonné à l’entreprise de couper l’accès de tout ressortissant étranger à ses modèles Fable 5 et Mythos 5, trois jours après leur lancement public, invoquant des raisons de sécurité nationale liées à un possible contournement des garde-fous du modèle. La restriction a été levée le 1er juillet.

« Les développements récents soulignent l’importance de veiller à ce que les progrès des capacités soient accompagnés de résilience et de préparation », écrit Bailey, qui appelle à faire de la sortie « sûre et responsable » des modèles à l’échelle mondiale une priorité réglementaire.

Un second front : les marchés

Bailey réitère par ailleurs ses mises en garde sur un risque de correction des marchés, citant des valorisations tendues dans l’IA et des fragilités sur la dette souveraine. Il signale un facteur supplémentaire : la hausse de l’effet de levier sur les marchés d’actions. Le Trésor américain était intervenu début août pour plafonner des rendements obligataires à long terme, montés à des sommets inédits depuis plusieurs décennies.

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