La cour d’appel de Paris a rendu, ce mardi 7 juillet 2026, sa décision très attendue dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, devenu depuis Rassemblement national. Un verdict qui rebat les cartes de la présidentielle française de 2027, et qui intéresse bien au-delà des frontières de l’Hexagone, notamment du côté de l’Algérie, tant les positions de Marine Le Pen sur les questions migratoires et mémorielles liées à l’ancienne colonie sont scrutées.
Ce que dit la décision
Contrairement au jugement de première instance de mars 2025, qui l’excluait totalement de la course présidentielle, la cour d’appel a nettement allégé la sanction.
Marine Le Pen est condamnée à une amende de 100 000 euros, trois ans de prison dont deux ans avec sursis, et un an ferme aménageable sous bracelet électronique. Sa peine d’inéligibilité, elle, tombe à 45 mois, dont 30 avec sursis : les 15 mois fermes restants ayant déjà été purgés depuis le 30 juin 2026 en raison de l’exécution provisoire décidée en première instance.
Concrètement, cela signifie qu’elle peut légalement se présenter à l’élection présidentielle de 2027, un revirement majeur par rapport au jugement initial qui l’écartait de fait de la course.
Le bracelet électronique, la vraie question qui se pose
Si la voie est juridiquement dégagée, Marine Le Pen devra purger sa peine d’un an de détention à domicile sous surveillance électronique, dont les modalités seront fixées par un juge de l’application des peines. Or elle avait, à plusieurs reprises avant le verdict, conditionné une nouvelle candidature à une totale liberté de mouvement, jugeant incompatible une campagne présidentielle avec un tel dispositif.
Après consultation de ses proches et de la direction du RN, elle a finalement tranché dans la soirée sur TF1 : elle se pourvoit en cassation et se déclare candidate à la présidentielle. Des remises de peine, comparables à d’autres précédents judiciaires en France, pourraient toutefois alléger le dispositif dans les mois à venir.
Pourquoi ce dossier dépasse les frontières françaises
Au-delà du feuilleton judiciaire, cette affaire est suivie de près par une partie de l’opinion algérienne, en France comme en Algérie, tant le Rassemblement national occupe une place centrale dans les débats sur l’immigration, les accords franco-algériens de 1968 et la mémoire coloniale.
Une éventuelle arrivée du RN au pouvoir en 2027 aurait des répercussions directes sur des centaines de milliers de binationaux et sur les relations diplomatiques entre Paris et Alger.


