L’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO) met en service, ce mercredi 26 août 2026 à Brazzaville, la première plateforme panafricaine consacrée au contenu local dans le secteur des hydrocarbures. L’événement, organisé en présentiel et en ligne par le secrétariat de l’organisation, doit permettre aux cadres des ministères des Hydrocarbures et aux spécialistes du contenu local des dix-huit pays membres d’assister à une démonstration de l’outil avant sa mise en service officielle.
Un projet porté par l’Algérien Farid Ghezali
Secrétaire général de l’APPO depuis janvier 2026, l’Algérien Farid Ghezali porte ce projet depuis plusieurs mois. Dans un entretien accordé à l’agence APS en juin dernier, il présentait cette plateforme numérique comme un moyen de recenser les entreprises africaines certifiées dans la chaîne de valeur énergétique et de leur réserver, en priorité, l’accès aux appels d’offres du secteur.
L’outil doit, à terme, évoluer vers un véritable bulletin africain des appels d’offres, sur le modèle du BAOSEM algérien. Selon Ghezali, cette version élargie n’est attendue que fin 2026 ou début 2027. Le lancement de Brazzaville marque donc une première étape, celle de la plateforme interactive de référencement des entreprises certifiées, avant l’ouverture du volet appels d’offres proprement dit.
Un enjeu ancien pour les pays producteurs
Le contenu local reste un point de friction entre pays producteurs et compagnies étrangères. Les premiers réclament depuis des années des quotas d’emploi, de sous-traitance et de transfert de compétences que les secondes limitent souvent au minimum réglementaire. En novembre dernier, la 4ᵉ Conférence et Exposition de l’APPO sur le contenu local avait débouché sur la Déclaration de Brazzaville, adoptée à l’unanimité par les dix-huit États membres et déclinée en dix points d’action concrets. La Côte d’Ivoire, qui a repris cette année la présidence tournante de l’organisation, en a fait l’une de ses deux priorités, aux côtés de la Banque africaine de l’énergie.
Ghezali a d’ailleurs proposé un modèle comparable lors d’une visite au Nigerian Content Development and Monitoring Board (NCDMB) en février, citant l’expérience nigériane où l’agence revendique cinq milliards de dollars de contrats locaux avec les compagnies pétrolières internationales. Le secrétaire général avait recommandé aux autres pays membres de s’appuyer sur la Nigerian Content Academy pour former leurs propres cadres.
Une organisation en pleine réorganisation
Fondée à Lagos en 1987, l’APPO a élargi son mandat en 2019 pour dépasser la seule coordination de marché et s’impliquer directement dans le financement des projets énergétiques du continent. Elle compte aujourd’hui dix-huit pays membres, de l’Algérie et la Libye au nord jusqu’à la Namibie et l’Afrique du Sud au sud. Basée à Brazzaville, l’organisation avait également accueilli à Tripoli en 2026 son forum de formation des cadres, avant l’intervention prévue de Ghezali au sommet énergétique libyen LEES, en janvier 2027.

