Pétrole : le Niger vise 110 000 barils/jour grâce à un nouveau puits foré avec l’Algérie

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Sifi Ghrieb salue le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine à l'issue de la visite du site de Kfra, en présence de l'ambassadeur d'Algérie à Niamey, Ahmed Saadi, et de responsables des deux pays. ©Premier ministère

Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb s’est rendu au Niger, jeudi 13 août, pour lancer, aux côtés de son homologue nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, le forage du puits d’exploration « Kfra Sud-Est 1 ». Niamey annonce viser un ajout de 90 000 barils par jour grâce à ce gisement, pour porter sa production nationale à 110 000 barils quotidiens. Le calcul situe donc la production actuelle du Niger autour de 20 000 barils par jour. Kfra doit la multiplier par cinq et demi.

Un pays pétrolier de taille modeste

Le Niger produit du pétrole depuis 2011, essentiellement via le gisement d’Agadem, exploité par la China National Petroleum Corporation, et exporté depuis 2023 par l’oléoduc reliant Agadem au port de Sèmè, au Bénin. Les volumes restent, à l’échelle des grands producteurs africains, limités. Kfra, situé plus au nord, dans la même région d’Agadez, ouvrirait un second pôle d’extraction, porté cette fois par Sonatrach et sa partenaire nigérienne Sonidep.

Les deux découvertes déjà réalisées sur le bloc donnent la mesure de l’enjeu. Le puits KFR-1, foré en 2018, a révélé 168 millions de barils de pétrole lourd. Le puits KFRN-1, en 2019, a livré 400 millions de barils supplémentaires, dont une centaine jugée récupérable. La base de données Energy Intelligence chiffre à plus de 568 millions de barils l’ensemble des réserves identifiées à ce jour dans la zone, avant même les résultats du troisième puits.

Ce que ces 90 000 barils représentent pour Niamey

Rapportée au budget de l’État nigérien, une production additionnelle de cette ampleur change l’échelle des recettes pétrolières disponibles pour un pays classé parmi les moins avancés. Sifi Ghrieb a évoqué, lors du lancement des travaux, une chaîne complète associant Sonatrach et Sonidep sur le forage, le raffinage, la pétrochimie et la commercialisation du brut, avec l’objectif déclaré de renforcer les capacités de négociation nigériennes sur ces marchés.

La part algérienne dans le projet reste fixée à 50 %, en vertu d’un contrat de partage de production renouvelé en février 2022. Le solde revient à Sonidep. Le bloc s’étend sur 23 737 kilomètres carrés, à une centaine de kilomètres de la frontière algérienne, adossé côté algérien au gisement de Tafassasset.

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