La Banque d’Algérie a publié le 10 août 2026 l’instruction n°08-2026 relative au financement des opérations d’exportation. Le texte, pris en application du règlement n°07-01 du 3 février 2007 sur les transactions courantes avec l’étranger, fixe les conditions dans lesquelles les banques intermédiaires agréées peuvent accorder aux exportateurs un crédit à court terme en dinars pour couvrir leurs besoins de trésorerie.
Sont éligibles les opérations d’exportation réalisées par crédit documentaire irrévocable et confirmé, ou par remise documentaire, pour tout opérateur inscrit au registre du commerce sous un code d’activité relevant de la production ou de l’exportation/trading. Le crédit doit financer l’acquisition des marchandises destinées à l’export, l’approvisionnement en matières premières, la fabrication, le conditionnement et les autres frais jusqu’à l’expédition des biens.
Le montant accordé reste à l’appréciation de la banque, qui le fixe selon les besoins de trésorerie de l’exportateur et son évaluation du risque de crédit. Elle doit par ailleurs s’assurer, dans le contrat de financement, de la réalité de l’opération d’exportation.
Le dossier de demande doit comporter un registre du commerce à jour, une attestation CNAS pour les salariés ou CASNOS pour les non-salariés avec régularisation de la situation, un extrait de rôle apuré, une facture du producteur portant la mention « apte à l’exportation », un contrat ou bon de commande signé, un document justifiant l’ouverture de la lettre de crédit, un document de transport et une garantie émise par une compagnie d’assurance. La banque doit en outre vérifier au préalable que le produit concerné figure sur la plateforme dédiée à l’exportation.
L’instruction impose un délai de sept jours maximum aux banques pour traiter une demande, à compter de la réception du dossier complet. La durée du crédit est ensuite fixée selon la nature de l’opération et son cycle de réalisation. L’exportateur reste tenu de rembourser à l’échéance, indépendamment du règlement de la créance par l’acheteur étranger, la banque pouvant proroger ce délai selon les termes du contrat. Il doit également rapatrier les recettes de l’export dans les conditions prévues par la réglementation.
Le texte intervient dans un contexte où les exportations hors hydrocarbures sont retombées à 5 milliards de dollars en 2025 après un pic à 7 milliards l’année précédente, loin des 29 milliards visés pour 2030. Il s’ajoute à une série de mesures prises ces dernières semaines pour organiser davantage le commerce extérieur, et fait écho à la note imposée deux semaines plus tôt aux banques, leur laissant 48 heures pour domicilier toute opération d’exportation. Il tranche aussi avec le traitement réservé aux importations, où la Banque d’Algérie a récemment resserré les engagements extérieurs des banques pour limiter la pression sur les réserves de change.
Les exportateurs, eux, continuent de pointer des freins plus structurels, entre lenteurs administratives et difficultés d’accès aux intrants importés.


