Le dossier des exportations continue de mobiliser les pouvoirs publics. Réunis ce lundi 6 juillet au siège du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, les responsables du secteur ont arrêté une nouvelle série de mesures destinées à améliorer l’accompagnement des exportateurs et la qualité de la gestion administrative.
Les exportations hors hydrocarbures restent l’un des principaux chantiers économiques en Algérie. Ces dernières semaines, les autorités ont multiplié les décisions pour mieux organiser cette activité. La plus récente concerne la filière des dattes. Le ministère a fixé des prix de référence compris entre 0,80 et 2,50 dollars le kilogramme afin de lutter contre la sous-facturation et de mieux valoriser le produit algérien sur les marchés étrangers.
Exportation : une nouvelle feuille de route pour faciliter les démarches
Lors de cette réunion, le ministère a réaffirmé sa volonté d’accompagner la dynamique que connaît le commerce extérieur algérien. Les responsables ont insisté sur la nécessité d’apporter des réponses plus rapides aux préoccupations des opérateurs.
Dans son communiqué, le ministère souligne qu’il faut « accompagner la dynamique croissante que connaît le secteur de l’exportation » en restant « à l’écoute des préoccupations des exportateurs et en les prenant en charge avec la célérité et l’efficacité requises ».
À l’issue de la rencontre, une nouvelle série d’orientations a été arrêtée pour améliorer le fonctionnement de l’administration. Selon le communiqué, ces directives visent à « élever la qualité de la performance administrative », dans le cadre des efforts engagés pour améliorer le climat des affaires, développer les exportations hors hydrocarbures et renforcer la numérisation des services destinés aux opérateurs économiques.
Pour les exportateurs, ces annonces traduisent la volonté des autorités de réduire les délais administratifs et de faciliter les procédures, un sujet qui revient régulièrement dans les revendications des professionnels.
Exportation : les opérateurs réclament des règles adaptées au marché international
Si les entreprises saluent la volonté de moderniser l’administration, plusieurs opérateurs estiment que les contraintes restent nombreuses sur le terrain, notamment dans les filières agricoles.
Contacté par Maghreb Émergent, un exportateur de dattes revient sur la récente décision fixant des prix de référence à l’exportation.
« Le marché international est plus compliqué que le marché local. La concurrence entre les exportateurs est féroce. Avec cette directive du ministère qui fixe les prix, les dattes algériennes ne pourront plus jouer sur la compétitivité des prix sur les marchés internationaux. C’est ce qui risque de compliquer davantage notre mission », explique-t-il.
Les difficultés ne concernent d’ailleurs pas uniquement les dattes. Ces derniers jours, la filière de la pastèque a également illustré les limites du marché local face à une récolte abondante. Lorsque la production dépasse largement la demande intérieure, les exportations deviennent un débouché essentiel pour préserver les revenus des agriculteurs.
À titre de comparaison, le Maroc s’est imposé depuis plusieurs années parmi les principaux fournisseurs de pastèques sur plusieurs marchés européens. Pour de nombreux professionnels, cet exemple montre qu’une organisation plus fluide des exportations peut contribuer à mieux valoriser les productions agricoles. Les dattes et la pastèque ne sont que deux illustrations des défis que devra relever l’Algérie pour renforcer durablement la présence de ses produits sur les marchés internationaux.


