La Tunisie ambitionne de transformer le poste frontalier de Ras Jedir, à la frontière libyenne, en poste continental reliant l’Afrique du Nord aux marchés subsahariens. Un projet stratégique qui vise à renforcer l’intégration économique entre la Tunisie, la Libye et l’Algérie, a indiqué mardi le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade de Tunisie à Tripoli, Mohamed Habib Sassi.
Dans une déclaration à la presse, le diplomate a précisé que ce projet est mené en coordination avec des structures africaines, notamment la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), dans le but de faciliter l’ouverture sur les marchés africains.
Quels enjeux pour la région ?
En effet, ce projet vise à faciliter la circulation des marchandises entre la Tunisie, la Libye et les pays d’Afrique subsaharienne, tout en réduisant les délais logistiques et les coûts de transport. “À terme, Ras Jedir pourrait devenir un axe structurant pour le commerce transafricain, notamment dans le cadre de la ZLECAf”.
Au-delà de ses retombées économiques directes, ce corridor pourrait également contribuer au développement des régions du sud tunisien, souvent marginalisées, en stimulant l’activité commerciale et les investissements dans les infrastructures. Il renforcerait aussi les liens économiques entre Tunis et Tripoli, dans un contexte de rapprochement progressif entre les deux pays.
Cependant, ce projet soulève aussi des questions pour les pays voisins, notamment l’Algérie. En effet, la mise en place d’un corridor structuré via la Libye pourrait redéfinir les routes commerciales traditionnelles en Afrique du Nord. Alger, qui cherche également à renforcer sa présence économique en Afrique à travers ses propres initiatives logistiques et énergétiques, pourrait voir dans ce projet à la fois une opportunité de coopération et un défi stratégique.

