À quelques jours de la rentrée scolaire, les familles algériennes commencent déjà à préparer le retour des enfants sur les bancs de l’école. Mais avant même l’achat des fournitures et des nouveaux vêtements, certaines dépenses de l’été ont déjà pesé sur les budgets.
Pour les parents qui travaillent tous les deux, les vacances scolaires peuvent aussi représenter une charge supplémentaire. Avec près de cinq mois sans école, certains sont obligés d’inscrire leurs enfants à des cours ou activités d’été pour pouvoir continuer à travailler. À Fréha, une commune au nord-est de la wilaya de Tizi-Ouzou, certains parents évoquent une facture qui peut atteindre 14 000 dinars pour un seul enfant.
La rentrée arrive donc avec son lot de dépenses. Nouveaux vêtements, tabliers, blouses, cartables, cahiers, livres et autres articles scolaires s’ajoutent aux factures du gaz, de l’électricité et de l’eau. Pour les familles locataires, le loyer vient encore alourdir la facture mensuelle.
À Fréha, une virée dans les librairies et les commerces spécialisés permet de constater que les prix ne sont pas les mêmes selon les produits et les marques. Certains articles affichent même une baisse par rapport aux années précédentes.
Fournitures scolaires : un commerçant annonce une baisse de 17 %
Dans une librairie visitée à Fréha, le propriétaire affirme avoir revu ses prix à la baisse. Présent dans ce métier depuis plusieurs années, il estime que la situation est différente de celle observée il y a deux ans.
« Cela fait des années que je suis dans ce métier. C’est vrai qu’il y a deux ans, on a connu un taux très élevé pour les fournitures scolaires, mais l’année passée, on a connu des prix un peu abordables pour les citoyens. Même cette année, il y a une baisse par rapport à l’année passée. Moi, par exemple, dans mon espace, j’ai fait baisser les prix à environ 17 % par rapport à l’année passée », a-t-il déclaré à Maghreb Émergent.
Dans les rayons, les parents disposent également d’un choix plus large. Plusieurs marques sont proposées avec des niveaux de qualité et des prix différents. Un autre commerçant rencontré dans les espaces réservés aux articles scolaires relève lui aussi cette diversité. « Ce qui est bien ces dernières années, c’est qu’il y a le choix pour le client. Plusieurs marques, et chacun choisit selon sa qualité et aussi son prix », explique-t-il.
Il donne un exemple concret. « Ces cahiers qui sont affichés à 45 DA étaient à plus de 80 DA en 2024, ce qui affirme qu’il y a vraiment une baisse des prix. » Le commerçant évoque également l’évolution du prix du papier. « D’après les contacts que j’ai avec les grossistes, il y a une taxe qui a été supprimée pour ce genre de papier, contrairement aux autres livres qu’on trouve encore chers. »
Dans sa librairie, les fournitures scolaires ne sont pas les seuls produits proposés. Un espace est également consacré aux romans et aux livres destinés au grand public. « Dans ma librairie, j’ai un espace pour les romans et je suis en contact permanent avec les maisons d’édition. Eux, ils se plaignent sans cesse des prix du papier qui augmentent », ajoute-t-il.
Des articles accessibles, mais des écarts selon les produits
Dans les commerces visités, certains produits restent accessibles pour les familles qui disposent d’un budget limité. Les prix varient toutefois selon la qualité et la marque. Un commerçant rencontré sur place cite notamment les vêtements scolaires. « À part les tabliers et les blouses, leurs prix sont à partir de 1 000 DA. Ceux-là sont à 1 500 DA, une bonne qualité », explique-t-il.
Pour les autres articles, il estime que les prix permettent de répondre à plusieurs niveaux de budget. « J’ai constaté que les autres articles sont accessibles pour les petits budgets. Là, j’ai des cartables de bonne qualité qui sont uniquement à 650 DA », affirme-t-il. Cette différence de prix permet aux parents de comparer avant d’acheter. Mais même avec des articles moins chers, la facture finale dépend surtout du nombre d’enfants et des besoins de chacun.

« Le total reste élevé »
Dans les rayons d’une librairie, une mère de famille prépare elle aussi la rentrée de ses deux filles, scolarisées dans le primaire. Elle se souvient de la facture de l’année précédente. « J’ai deux filles au primaire. L’année passée, pour acheter les fournitures scolaires, j’ai dépensé environ 5 000 DA pour les deux filles, uniquement pour les cahiers et les autres articles, sans cartable ni livres scolaires. »
Elle reconnaît que certains prix sont aujourd’hui plus abordables. Mais pour elle, le problème apparaît au moment de faire le total. « C’est vrai que ce sont des prix abordables en regardant le prix de l’unité, mais le total reste élevé », explique-t-elle.
Son salaire dépasse le SNMG. Cette situation la prive cependant de certaines aides destinées aux familles répondant aux critères fixés pour en bénéficier. « À savoir que mon salaire dépasse le SMIG, je n’ai pas droit aux 5 000 DA d’aide, ni aux livres gratuits, ni aux trousseaux scolaires distribués par les APC », déplore-t-elle.
Pour cette mère, la rentrée représente donc une dépense qui s’ajoute à plusieurs autres charges. « Les dépenses de rentrée représentent plus de la moitié de mon salaire pour mes deux filles, sans parler des autres qui ont plusieurs enfants et qui ne sont pas dans le premier palier où les dépenses vont augmenter. »
Dans les commerces de Fréha, l’ambiance de rentrée est déjà visible. Les parents comparent les prix, choisissent les marques et tentent d’adapter leurs achats à leur budget.


