« Sanâa » : qualifier les jeunes pendant l’été, le pari utile du ministère de la Formation pro

Maghreb Emergent
3 min de lecture
"Sanâa", un programme de formation durant la saison estivale

La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, a annoncé dimanche le lancement d’un programme national de formation estival baptisé « Sanâa » — « Métier » en arabe.

L’objectif, selon la ministre, est de permettre aux jeunes d’acquérir des bases dans des spécialités jugées porteuses pendant les vacances d’été, période qui laisse habituellement des centaines de milliers de lycéens et d’étudiants sans activité structurée.

L’annonce est courte, sans chiffres sur les capacités ni liste de filières concernées. Mais elle s’inscrit dans une séquence plus large d’efforts de modernisation du système de formation professionnelle du pays.

Toutefois, le programme « Sanâa » démarre le 15 juin pour une durée de 45 jours, dans les centres de formation professionnelle à travers le pays. Il s’adresse aux jeunes de 15 à 27 ans, toutes catégories confondues.

Des initiations aux métiers manuels

Le cursus est essentiellement pratique et concentré sur six métiers du bâtiment et des services techniques : peinture, électricité du bâtiment, plomberie, soudure et froid. L’ambition affichée est double — transmettre des savoir-faire concrets et ancrer une culture du travail manuel chez une génération qui en a souvent été découragée par l’orientation scolaire.

Pour rappel, lors de la rentrée d’octobre 2025, près de 385 000 nouveaux stagiaires et apprentis ont intégré les établissements de formation professionnelle à travers le pays. La rentrée de février 2026 a suivi avec plus de 285 000 nouveaux inscrits. Des volumes importants — mais qui restent insuffisants face à la démographie du pays.

Le dispositif de février 2026 reposait sur une montée en puissance de l’apprentissage en entreprise, ciblant plus de 57 000 bénéficiaires, et sur le renforcement des formations résidentielles avec plus de 32 000 places supplémentaires. Il incluait également des cours du soir et des programmes adaptés aux femmes au foyer, aux populations rurales et aux bénéficiaires de l’allocation chômage.

En 2025, le gouvernement a également annoncé le lancement d’une quarantaine de programmes dans les technologies de l’information, la cybersécurité et l’intelligence artificielle, pour renforcer l’employabilité des jeunes dans ces secteurs. Un virage numérique qui reste encore timide à l’échelle du pays.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article