Six reports, un septième évité : le procès de la FAF s’ouvre enfin avec l’entrée remarquée de Zetchi

Il aura fallu six reports pour que le procès de la FAF s’ouvre enfin, ce mardi, à Sidi M’Hamed. Quatorze prévenus, dont trois anciens présidents, sont à la barre. La défense a aussitôt attaqué l’expertise de l’IGF, sans obtenir de décision car la juge a joint ses exceptions au fond.

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Kheirredine Zetchi, ancien président de la Fédération algérienne de football (DR)
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Le procès s’est ouvert ce matin, 13 octobre, à 10 h 30, au pôle économique et financier de Sidi M’Hamed. Après six reports, une seule question revenait : l’audience allait-elle enfin se tenir, ou faudrait-il se résigner à un septième report ? Cette fois, le procès est maintenu. Les trois responsables de la Fédération algérienne de football (FAF) et leurs coaccusés comparaissent devant la justice.

Dans la salle un fort élan de solidarité

La salle est archicomble, au point que certains suivent l’audience debout. C’est dans ce décor que Kheireddine Zetchi fait une entrée de star, comme on en voit lors d’un festival de la CAN. Bien portant, souriant et confiant, il salue chaleureusement le public, ses amis et ses collègues. Autour de lui, l’élan de solidarité est palpable. Une entrée si spectaculaire qu’elle nous a empêchés de remarquer les autres coaccusés, notamment Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef.

Ils sont quatorze prévenus, dont trois anciens présidents de la FAF. À leurs côtés figurent d’anciens secrétaires généraux, l’ex-directeur général des finances, plusieurs anciens membres du bureau fédéral, ainsi que d’anciens cadres et employés de la Fédération. Tous sont poursuivis pour abus de fonction, octroi d’avantages injustifiés, passation de contrats contraire à la législation et à la réglementation applicables et dilapidation volontaire de deniers publics.

Les exceptions préliminaires de la défense

Avant d’aborder le fond, la défense a soulevé deux exceptions préliminaires, toutes deux centrées sur l’expertise de l’Inspection générale des finances (IGF), pièce maîtresse du dossier.

La première porte sur la procédure : les avocats dénoncent une violation des règles encadrant cette expertise et invoquent les articles 239, 240 (paragraphe 3) et 241 (paragraphe 3) du Code de procédure pénale pour en demander la nullité. La seconde, jugée fondamentale, touche à la forme : l’avocat affirme que certaines parties n’ont été ni convoquées ni auditionnées.

La défense de l’accusé Saad a ajouté que la FAF est une association qui ne reçoit aucune somme d’argent du ministère de la Jeunesse et des Sports. Or, ce ministère s’est constitué partie civile, et la défense conteste cette constitution : elle en demande l’exclusion. Le ministère étant absent, la juge a décidé de joindre les exceptions préliminaires au fond de l’affaire.

Les auditions des accusés commencent

Les auditions ont ensuite débuté. Le procureur a multiplié les questions, d’abord sur les marchés liés à l’hôtellerie, présentés comme illégaux selon cette même expertise. Le dossier comprend aussi des contrats liés à l’organisation de compétitions africaines et à la logistique de la Fédération, notamment le CHAN 2023 et la CAN U17. Les questions ont porté également sur les primes accordées à l’ensemble des employés non élus à l’occasion des deux victoires, celle de la Coupe d’Afrique et celle de la Coupe arabe.

Aucun des accusés détenus n’a été entendu durant cette première journée. L’audience est suspendue à 17 h et reprendra le 14 octobre à 10 h, pour une deuxième journée consacrée aux auditions.

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