Le dossier des programmes prévisionnels d’importation (PPI) continue de préoccuper les opérateurs économiques en Algérie. Pour les importateurs et les industriels, les démarches liées à ces programmes sont devenues une source récurrente d’incertitude.
Les retards et les difficultés de traitement des demandes peuvent peser sur l’approvisionnement en matières premières, les coûts et le fonctionnement des unités de production. Dans certains cas, les restrictions sur les importations sont également présentées comme un obstacle à l’activité industrielle nationale.
Face à ces difficultés, les pouvoirs publics viennent de mettre en place un nouveau mécanisme de suivi. Le dernier numéro du Journal officiel annonce la création d’un comité permanent chargé du suivi et du traitement des demandes d’importation.
Placée auprès du ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, cette instance réunira plusieurs représentants des secteurs public et bancaire, ainsi que du patronat. Sa mission ne se limite pas à examiner les demandes. Le texte prévoit aussi un traitement prioritaire de certains produits et une évaluation des données enregistrées sur la plateforme numérique dédiée aux importations.
PPI : le Premier ministre recevra un rapport chaque semaine
Le décret confie au comité plusieurs missions liées au traitement des dossiers d’importation. Selon l’article 4 du texte publié au Journal officiel, il est chargé d’« examiner et d’émettre son avis sur les demandes d’importation, pour chaque opération d’importation ».
Cette disposition concerne également les importations réalisées pour propre compte par les opérateurs dans le cadre de leurs activités de production et de service, dans la limite de leurs besoins.
Le comité devra aussi accorder une attention particulière aux produits jugés sensibles ou prioritaires. Le texte prévoit ainsi de « réserver un traitement d’urgence pour les produits revêtant un caractère sensible et/ou prioritaire pour l’approvisionnement du marché national ou pour le fonctionnement des unités de production ».
Cette mission est importante pour les entreprises qui dépendent de composants, de matières premières ou d’équipements importés. Un retard dans leur disponibilité peut perturber la production et entraîner des coûts supplémentaires. Le texte ne précise toutefois ni les délais de traitement des demandes ni les critères détaillés qui permettront de déterminer le caractère prioritaire d’un produit.
Le comité pourra également « proposer toute mesure susceptible de faciliter le traitement des demandes d’importation ». Il devra, en parallèle, « évaluer et analyser, périodiquement, les données fournies par la plate-forme numérique dédiée à l’enregistrement des demandes d’importation ».
Le suivi ne s’arrêtera pas au niveau du ministère. L’article 7 prévoit que le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations transmette « hebdomadairement, un rapport au Premier ministre sur les activités du comité ».
Banque d’Algérie, banques et CREA : les membres du comité
Le comité sera présidé par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, ou son représentant. Le ministre des Finances y siègera également, ou sera représenté.
La Banque d’Algérie figure aussi dans sa composition, à travers son gouverneur ou son représentant. Le président de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers, ou son représentant, en fera également partie.
Le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) sera le représentant du patronat au sein de cette instance. Son président, ou son représentant, participera aux travaux.
Cette composition réunit ainsi les administrations chargées du commerce extérieur et des finances, l’autorité monétaire, les banques et les représentants des entreprises. Le secrétariat du comité sera assuré par les services du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations.



