Depuis l’entrée en vigueur du Programme prévisionnel d’importation (PPI) en juillet 2025, les opérateurs économiques en Algérie doivent composer avec une succession de décisions, de notes et de nouvelles procédures. Les investisseurs étrangers comme les importateurs d’équipements ou de matières premières se retrouvent face à un parcours administratif qui peut changer en cours de route. Pour certains, cette situation complique fortement leurs projets.
Un investisseur chinois installé en Algérie vient justement de pousser un cri d’alarme sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo largement relayée, il raconte les difficultés rencontrées pour faire entrer une machine destinée à son activité.
Un investisseur chinois dénonce un système dépassé
« Mes cheveux sont devenus blancs, la pression est énorme », lance-t-il dans sa vidéo. Il explique être venu de Chine avec l’objectif d’investir en Algérie. Mais une machine qu’il souhaite importer est toujours bloquée en Chine. Chaque jour d’attente augmente les charges liées à son stockage. « On veut l’importer ici, mais maintenant on ne peut rien faire », déplore-t-il.
Selon son témoignage, les blocages peuvent intervenir à différentes étapes. Il évoque notamment la domiciliation bancaire et le PPI. À plusieurs reprises, son dossier aurait dû être repris depuis le début après l’apparition de nouvelles exigences. « On est dans les temps modernes, pas dans l’âge des pierres », lance-t-il, avant de demander l’aide de professionnels capables de l’orienter dans ces démarches.
Son témoignage illustre une difficulté régulièrement évoquée par des opérateurs : l’incertitude sur les règles applicables et la multiplication des démarches peuvent ralentir des investissements pourtant destinés à produire en Algérie.
« Notre économie a besoin de flexibilité, pas de rigidité »
Ce constat rejoint les réserves déjà exprimées par l’économiste Belkacem Boukhrouf au sujet du PPI. Dans un précédent entretien accordé à Maghreb Emergent, il estimait que le contrôle des importations à travers ce mécanisme renforçait la rigidité du commerce extérieur.
Selon lui, les entreprises ont besoin de « flexibilité » et de « réactivité » pour s’adapter aux marchés. Des procédures trop rigides peuvent, à l’inverse, empêcher les opérateurs de saisir rapidement certaines opportunités.
Le débat dépasse donc la seule question des importations. Il touche directement à l’attractivité du marché algérien. Pour un investisseur étranger, importer une machine, une pièce ou une matière première constitue souvent une étape indispensable avant de produire localement.


