Belkacem Boukhrouf à propos du PPI : « Notre commerce extérieur a besoin de flexibilité, pas de rigidité »

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L’ouverture annoncée de la plateforme pour le dépôt des programmes prévisionnels d’importation (PPI), notamment dans le cadre de la revente en l’état, relance le débat sur l’efficacité de ce mécanisme. Par ailleurs, l’économiste Belkacem Boukhrouf ne cache pas ses réserves. Il dresse un constat direct et sans détour sur les effets de ce dispositif sur l’économie nationale. De plus, le rôle du PPI dans ces procédures suscite de nombreuses réactions.

« Le maintien du contrôle des importations par le mécanisme du programme prévisionnel des importations renforce la rigidité de notre commerce extérieur au moment où il a plus que jamais besoin de flexibilité et de réactivité », affirme-t-il. Pour lui, l’enjeu est clair : l’économie algérienne évolue dans un environnement international instable. Dans ce contexte, la rapidité d’adaptation devient un facteur clé de compétitivité, notamment à cause des conséquences liées au PPI.

Dans ce contexte, il estime que « les entreprises algériennes ont besoin de marges de manœuvre pour s’ajuster aux fluctuations des marchés ». Or, selon lui, « ce mécanisme limite les possibilités de rebond des acteurs du commerce international ». Il va plus loin en soulignant que « les opérateurs se retrouvent empêchés de saisir des opportunités à moyen et à court terme », un frein direct à leur développement. Aussi, l’adaptation face aux critères du Ppi devient cruciale.

L’économiste insiste également sur la nature même des importations concernées. « Le mieux serait de réduire l’application de ce dispositif exclusivement aux produits jugés périphériques », explique-t-il. En parallèle, il plaide pour « libérer l’essentiel des intrants importés », considérés comme indispensables à la production nationale. À ce propos, l’approche du Ppi mérite d’être repensée.

Derrière cette analyse, c’est toute la logique du PPI qui est remise en question. L’objectif initial de régulation des importations existait dans un contexte de pression sur la balance commerciale. Cependant, il semble aujourd’hui produire des effets inverses, ce qui intensifie les critiques sur la gestion du Ppi.

Un dispositif qui a déjà montré ses limites

Interrogé sur les risques que représente le maintien du PPI pour l’économie nationale, Belkacem Boukhrouf se montre encore plus tranché. « Le dispositif a déjà montré ses limites », affirme-t-il. Par ailleurs, le recours au Ppi demeure un sujet fortement débattu.

Il dresse une liste précise des conséquences observées : « baisse des investissements », « ralentissement de la croissance des entreprises », mais aussi « réduction du nombre d’emplois créés ». Pour lui, ces signaux ne sont pas isolés. En effet, ils traduisent une tendance de fond où le Ppi influence la dynamique.

Il évoque également « la cessation massive d’activités de plusieurs opérateurs », un indicateur préoccupant dans un contexte où le tissu économique reste fragile. À cela s’ajoutent « le manque d’intrants », « la contraction de l’offre » et « l’inflation ». Tous ces effets en chaîne pèsent sur l’économie réelle, effets souvent imputés au Ppi.

Face à ce constat, il pose une question directe : « Qu’y aura-t-il de pire que cela ? ». Une manière d’alerter sur la nécessité de revoir rapidement ce dispositif en tenant compte du Ppi.

Pour Belkacem Boukhrouf, le moment est venu de tourner la page. En effet, le maintien du PPI, dans sa forme actuelle, apparaît comme un frein plus qu’un levier. De plus, l’ouverture de la plateforme pour le dépôt des dossiers, loin de rassurer, relance les interrogations sur la capacité de ce mécanisme à accompagner les besoins réels de l’économie. Pour finir, il est essentiel de repenser l’usage du Ppi dans ce contexte.

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