Pétrole : le Brent rebondit à 102 dollars après le démenti iranien sur les négociations

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Le Brent culminait à 112 dollars vendredi soir, au terme d’une semaine sous haute tension. Quarante-huit heures plus tard, Donald Trump retournait la situation d’un post en majuscules sur Truth Social, et le baril plongeait sous les 100 dollars. Le répit n’a duré qu’une journée. Ce mardi matin, le Brent remontait à 102,08 dollars, porté à la hausse par Téhéran lui-même, qui a démenti l’existence de toute négociation avec Washington.

La mécanique est presque pédagogique. Samedi, Trump avait lancé un ultimatum de 48 heures à Téhéran pour rouvrir le détroit d’Hormuz, sous peine de frappes américaines contre ses centrales électriques. Le Brent avait alors dépassé les 112 dollars vendredi, avant de chuter de près de 11 % lundi pour frôler les 100 dollars, après que Trump eut annoncé suspendre toute frappe pour cinq jours.

Une trêve de cinq jours, contestée dès son ouverture

Lundi matin, Trump écrivait sur Truth Social que les États-Unis et l’Iran avaient eu des conversations «très bonnes et productives» susceptibles d’aboutir à «une résolution complète et totale» du conflit, et annonçait le report de toute action militaire contre les infrastructures énergétiques iraniennes pour cinq jours.

Selon un officiel israélien cité par Axios, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner auraient été en contact avec le président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, via l’Égypte, le Pakistan et la Turquie, qui ont servi d’intermédiaires dimanche. Trump a refusé de nommer son interlocuteur iranien, affirmant ne pas vouloir «le faire tuer».

Le ministère iranien des Affaires étrangères a balayé cette version, affirmant qu’il n’existait «aucun dialogue entre Téhéran et Washington» et que les déclarations de Trump visaient à faire baisser les prix de l’énergie tout en gagnant du temps pour poursuivre ses plans militaires. C’est ce démenti qui a suffi à faire repartir le baril à la hausse.

«Pire que 1973 et 1979 combinés»

Fatih Birol, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a estimé que la situation dépassait en gravité les deux chocs pétroliers des années 1970 combinés. «Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette direction», a-t-il déclaré depuis Canberra, précisant qu’au moins quarante installations énergétiques dans neuf pays avaient été gravement endommagées depuis le début du conflit.

Goldman Sachs a révisé ses prévisions à la hausse, anticipant un Brent à 110 dollars en moyenne sur mars et avril. La banque américaine avertit que si les flux à travers le détroit restaient à 5 % de leur niveau normal pendant dix semaines, le Brent dépasserait son record historique de 2008. L’économiste Bessaha avait lui retenu une hypothèse intermédiaire de 70 dollars dans ses projections initiales, soit un niveau désormais largement dépassé.

L’Iran a averti que toute frappe américaine contre ses centrales déclencherait des représailles contre les infrastructures du Golfe, y compris dans les pays accueillant des bases militaires américaines, et menacé de miner les voies maritimes au-delà du détroit.

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