Le 9 mars, le Brent frôlait 119,50 dollars. Le lendemain, depuis son golf de Doral en Floride, Donald Trump assurait que la guerre avec l’Iran était «quasiment» finie. Le baril avait alors dégringolé jusqu’à 83,66 dollars dans la même séance, soit le plus grand mouvement de prix intrajournalier jamais enregistré sur le Brent. L’effet avait été immédiat, spectaculaire, et de courte durée.
Ce lundi 23 mars, à 10 heures (heure algérienne), le Brent cote 112,56 dollars, en hausse de 1,56 dollar. Le WTI américain s’affiche à 98,46 dollars. La parole présidentielle ne fait plus bouger les marchés.
Cours du Brent et du WTI depuis le 28 février 2026
Trois semaines d’annonces, un bilan en dents de scie
Depuis le début du conflit le 28 février, Trump a multiplié les déclarations destinées à peser sur les cours. Il a qualifié l’opération de «petite excursion», assuré que le conflit était «très en avance» sur son calendrier, annoncé qu’il réfléchissait à «prendre le contrôle» du détroit d’Ormuz. À chaque annonce, les marchés réagissaient. «Le marché réagit violemment aux différents gros titres», résumait l’analyste John Kilduff d’Again Capital.
Mais la mécanique s’est grippée. L’Iran a promis que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient «jusqu’à nouvel ordre», rejetant cinglamment les propos de Trump. Les analystes d’ING ont prévenu qu’il faudrait constater une reprise physique des flux par Ormuz pour maintenir un mouvement de baisse durable.
La réalité physique reprend le dessus
Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, estimait dès le 10 mars qu’il était «presque certain» que Trump «était devenu nerveux face à la flambée des prix du pétrole et à la baisse des actions sur les marchés». L’effet rhétorique était délibéré. Il a fonctionné une fois.
Aujourd’hui, le Brent a progressé de près de 80 % depuis le 28 février, et aucune déclaration présidentielle n’a enrayé la tendance depuis deux semaines. La prime de risque géopolitique intégrée dans les cours tient à une réalité que les mots ne peuvent pas effacer : le détroit d’Ormuz reste sous menace opérationnelle directe, et l’Organisation maritime internationale a reconnu qu’aucune escorte navale n’en garantit la sécurité. La prochaine réunion de suivi de l’OPEP+ devra statuer dans ce contexte, sans filet verbal.


