Le Brent a ouvert la semaine au-dessus de 105 dollars avant de refluer en matinée. Trois semaines de conflit irano-américain sans issue diplomatique, et les marchés pétroliers n’ont toujours pas trouvé leur plafond.
À 103,61 dollars le baril à 11h27 ce lundi 16 mars, le Brent livraison mai recule modestement après une ouverture à 105,26 dollars. Le brut de référence a évolué entre 102 et 106,50 dollars au cours de la séance, confirmant une quatrième hausse consécutive. Sur le mois de mars, le gain dépasse 42%. Le WTI américain cède lui aussi légèrement, à 96,55 dollars.
Le détroit d’Ormuz, fermé par l’Iran depuis le début des hostilités, prive le marché d’un cinquième de son approvisionnement mondial. L’AIE chiffre à 8 millions de barils par jour le déficit d’offre pour mars, auxquels s’ajoutent au moins 10 millions de barils de coupes chez les producteurs du Golfe, contraints de réduire ou d’interrompre leur production.
Kharg et Fujairah dans le viseur
Le week-end a apporté son lot d’escalades. L’armée américaine a bombardé samedi l’île de Kharg, terminal par lequel transite l’essentiel des exportations iraniennes de brut. Téhéran a répliqué en frappant le terminal de Fujairah, aux Émirats arabes unis, point de sortie du brut émirati vers les marchés asiatiques. Les opérations de chargement ont depuis repris à Fujairah, mais l’incident illustre la fragilité de chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement régionale.
Donald Trump a menacé de nouvelles frappes sur Kharg. L’Iran a exclu tout cessez-le-feu tant que les bombardements se poursuivent. Washington a par ailleurs rejeté les tentatives de médiation de ses alliés du Moyen-Orient. « Cibler les installations d’exportation représente une escalade dans le conflit », a relevé Natasha Kaneva, analyste chez JPMorgan.
Les réserves stratégiques en ordre de bataille
Face à la contraction de l’offre, l’AIE a déclenché un tirage record sur les réserves stratégiques de ses membres, soit plus de 400 millions de barils. Les stocks asiatiques et océaniens seront libérés en priorité, ceux d’Europe et des Amériques d’ici fin mars.
Le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright a prédit dimanche une fin du conflit « dans les prochaines semaines ». Trump envisage d’annoncer dès cette semaine une coalition navale pour sécuriser le passage d’Ormuz. Le Brent avait touché 119,50 dollars en séance la semaine passée, son plus haut depuis 2022, avant de refluer sur des déclarations présidentielles évoquant une possible sortie de crise.


