Prévention des feux de forêt : l’Algérie mise sur les drones et les satellites

Maghreb Emergent
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La Commission nationale de protection des forêts pour l’année 2026 a été installée samedi à Alger, au siège de la Direction générale des forêts (DGF). La cérémonie, présidée par le ministre de l’Agriculture, Yacine El-Mahdi Oualid, a été l’occasion de présenter un bilan chiffré encourageant — et d’annoncer un virage technologique dans la gestion des risques d’incendie.

La superficie totale incendiée en 2025 est estimée à 5 289 hectares, contre une moyenne de 40 000 hectares par an sur la dernière décennie. La baisse, de l’ordre de 90 %, est présentée par le ministre comme le résultat d’une stratégie proactive engagée depuis deux ans, combinant mobilisation interinstitutionnelle — ANP, Protection civile, services de sécurité, DGF — et meilleure coordination intersectorielle.

Ces résultats sont réels. Mais le ministre lui-même reconnaît qu’ils ne sauraient justifier un relâchement : le changement climatique aggrave structurellement le risque, et les comportements humains demeurent la première cause des départs de feu.

Drones, satellites, SIG : une nouvelle doctrine opérationnelle

C’est dans ce contexte que le gouvernement annonce un changement de méthode. L’approche traditionnelle de surveillance et d’intervention cède progressivement la place à un système intégré s’appuyant sur trois outils technologiques :

Les drones, déployés pour la détection précoce des foyers d’incendie dans des zones difficiles d’accès, où la réactivité des premières heures est souvent déterminante.

L’imagerie satellitaire, mobilisée en collaboration avec l’Agence spatiale algérienne (ASAL), pour évaluer avec précision l’étendue des dégâts après sinistre — et, à terme, pour affiner la cartographie des zones à risque.

Les systèmes d’information géographique (SIG), utilisés pour analyser les facteurs de risque, orienter les interventions sur le terrain et alimenter des systèmes d’alerte précoce fondés sur les données climatiques.

Le ministre a également évoqué la possibilité d’exploiter Alcomsat-1, le satellite algérien de télécommunications, pour assurer la couverture des communications dans certaines zones isolées lors des opérations d’intervention — une piste qui, si elle se concrétise, donnerait une utilité opérationnelle directe à un actif spatial jusqu’ici peu mobilisé sur ce type de mission.

Les startups invitées dans la boucle

Fait notable, Oualid a explicitement mentionné le rôle attendu des startups spécialisées dans les technologies modernes dans le renforcement de ce dispositif. Sans préciser les mécanismes d’intégration, cette ouverture vers l’écosystème entrepreneurial privé signale une évolution dans la façon dont l’État envisage la lutte contre les risques naturels : non plus comme un domaine réservé aux institutions publiques, mais comme un terrain où l’innovation peut trouver des débouchés concrets.

Des niches existent — traitement d’images satellites, analyse prédictive, systèmes d’alerte, cartographie dynamique des risques — et plusieurs startups algériennes actives dans la géomatique ou l’intelligence artificielle pourraient s’y positionner, à condition que les canaux de contractualisation avec les administrations concernées soient effectivement ouverts.

Une campagne 2026 lancée le 1er mai

Le ministre a annoncé que la campagne de prévention et de lutte contre les feux de forêt pour 2026 sera officiellement lancée le 1er mai prochain. D’ici là, la Commission nouvellement installée devra finaliser son plan d’action, en intégrant les recommandations issues du bilan 2025 et les nouvelles orientations technologiques arrêtées.

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