Sommet Russie-Afrique : l’Algérie veut devenir la porte maritime du Sahel

L’Algérie propose de nouveau d’ouvrir ses ports aux pays africains sans accès à la mer, à l’occasion du sommet Russie-Afrique de Moscou, où le Premier ministre Sifi Ghrieb représente le président Tebboune.

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Les ports algériens au cœur de l’ambition d’Alger de devenir une plateforme de transit pour les marchandises des pays du Sahel. ©DP World Djazaïr
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Sifi Ghrieb est à Moscou pour représenter Abdelmadjid Tebboune au troisième sommet Russie-Afrique, qui réunit quarante-huit pays africains, dont vingt-deux sont représentés par leur chef d’État ou de gouvernement. Alger y répète qu’elle est prête à mettre ses ports maritimes à la disposition des pays sans accès à la mer, pour que leurs marchandises transitent par le littoral algérien avant de rejoindre leur territoire. Elle met en avant la facilitation des échanges et la baisse des coûts de transport et de transit.

Cette proposition n’est pas nouvelle, puisque Tebboune l’avait déjà formulée début septembre 2025, à l’ouverture de la Foire commerciale intra-africaine d’Alger, en parlant de marchandises débarquées dans les ports algériens puis acheminées par train en vingt-quatre heures.

Alger l’inscrit dans les projets qu’elle mène vers le Sahel, comme la route transsaharienne et la liaison en fibre optique, ou encore le gazoduc du même nom, dont le tronçon algérien est en chantier depuis le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Elle cite aussi des centrales électriques au Niger, déjà en service, et une autre en cours de réalisation au Tchad.

Des ports trop limités pour les gros navires

Or les ports algériens ont des limites. Algérie-Éco relevait que plusieurs d’entre eux sont enclavés dans le tissu urbain, avec des tirants d’eau limités et une connexion insuffisante au rail, et qu’aucun n’est en mesure d’accueillir les plus grands porte-conteneurs. Le projet d’un grand port en eaux profondes pour le centre du pays figurait déjà à l’agenda en janvier 2015, quand le Premier ministre d’alors, Abdelmalek Sellal, en situait l’implantation près de Ténès, dans la wilaya de Chlef. Algérie-Éco rapportait en juin 2025 qu’il serait finalement réalisé sur la côte de Boumerdès. Et le texte publié jeudi ne dit ni quels ports seraient ouverts, ni quand, ni selon quelles conditions de transit pour les pays concernés.

Les ports fonctionnent en revanche en continu, d’après le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, qui indiquait début mars que le régime 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 s’appliquait aux dix ports du pays.

Quant à l’échéance, Tebboune jugeait en septembre 2025 que les ports algériens pourraient devenir des points de transit d’ici cinq ou six ans au plus tard, soit 2030 ou 2031.

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